11427762_1667036836861734_6466083984166244961_n

Pilier non négligeable de la promotion de la planification familiale, les jeunes tentent de sensibiliser et de convaincre leurs camarades à changer de comportements. C’est pour leur offrir une plateforme d’échanges qu’ils participent à la Consultation régionale sur les OSC et Coalition d’OSC/PF du Partenariat de Ouagadougou.

En Afrique de l’Ouest, les grossesses précoces et/ou non désirées sont préoccupantes. Ainsi, différentes stratégies sont initiées dans les pays pour sensibiliser les adolescents et les jeunes sur ce fléau qui sape l’avenir de cette couche de la population. C’est pourquoi de jeunes champions de la santé de la reproduction, encore appelés les Jeunes ambassadeurs pour la planification familiale, sont invités à la Consultation régionale des Organisations de la société civile (OSC) et Coalitions d’OSC/PF du Partenariat de Ouagadougou (Burkina Faso, 3-5 juin 2015). Cette stratégie est déroulée par des jeunes motivés par le souci de sensibiliser leurs camarades pour un changement de comportements à travers les réseaux sociaux. Cette expérience vient du Sénégal, informe Maguette THIANDOUM du Resopopdev, une organisation de jeunesse basée dans notre pays. « Nous avons eu l’idée de nominer Jeunes ambassadeurs, des jeunes ayant gagné un concours », explique t-il.

Partant du Sénégal, deux autres pays (le Mali et le Bénin) ont été ajoutés pour dérouler la phase pilote de ce mouvement qui vise à faciliter la communication entre les jeunes à travers les réseaux sociaux (Facebook, Twitter, etc.). « C’est ainsi qu’en 2013, nous avons reçu une formation en TIC et plaidoyer au Sénégal », renseigne Romaric OUITONA, président du Réseau des jeunes ambassadeurs du Bénin. Après cette session de renforcement de capacités, différentes activités ont été menées sur le terrain dans les pays ciblés. « Nous avons, par exemple, déroulé au Bénin une campagne de sensibilisation comme « Saint-Valentin sans grossesse » durant tout le mois de février, pour amener nos camarades à adopter, au quotidien, des comportements sexuels responsables », témoigne M. OUITONA. Edouard KEITA, jeune ambassadeur du Mali, renchérit : « Chaque trimestre, nous organisons des conférences- débats au campus universitaire afin de sensibiliser sur la santé de la reproduction, particulièrement les IST/VIH/SIDA ».

Les jeunes non scolarisés également ciblés

Au-delà des réseaux sociaux et de l’univers scolaire et universitaire, les jeunes ambassadeurs pour la planification familiale tentent d’investir le milieu non formel pour sensibiliser leurs camarades non scolarisés. C’est ainsi qu’au Mali, informe Edouard KEITA, « nous partons en milieu rural pour distribuer des contraceptifs. A Bamako, toutes les deux semaines, nous ciblons des jeunes pour échanger avec eux autour du thé ». Au Bénin, Romaric se rend dans des ateliers de formation pour discuter avec les apprentis et les patrons afin de pousser ces derniers à engager le débat sur la santé sexuelle et reproductive.

En somme, « nous essayons de toucher les jeunes, qu’ils soient en milieu scolaire ou non. Car quand on parle de planification familiale, tout le monde est concerné », résume Fatou Bintou MASSALY du Sénégal. C’est ainsi qu’au-delà des causeries, des activités de sensibilisation sont déroulées sur les plages dakaroises pour suivre les jeunes qui organisent des excursions pendant les vacances, avance Melle MASSALY qui fait part de la difficulté à sensibiliser cette couche de la population. « La majeure partie des jeunes que nous rencontrons sont sexuellement actifs, mais ils refusent de l’admettre. C’est pourquoi, n’ayant pas d’arguments solides à nous opposer, ils disent que nous sommes payés pour les approcher et savoir comment ils mènent leur vie», explique la jeune ambassadrice du Sénégal.

Dans le même sillage, Edouard KEITA du Mali relève que les jeunes ne sont pas toujours réceptifs à leurs messages. « Nous rencontrons de réelles résistances sur le terrain, mais à chaque fois, on essaie de les convaincre sur les bienfaits de la planification familiale, surtout sur le fait qu’une grossesse peut freiner les études d’une fille », affirme-t-il, plaidant pour que les jeunes ambassadeurs soient reconnus par la direction de la Santé afin qu’ils puissent être présents partout. Ce faisant, Fatou Bintou MASSALY du Sénégal lance un appel pour un meilleur échange d’informations entre les jeunes ambassadeurs des différents pays afin de faciliter la collaboration. Quant à Romaric OUITONA du Bénin, il souhaite que la formation soit renforcée et qu’il y ait une synergie des actions entre les différents mouvements de jeunes aussi bien au niveau local que sousrégional.

Concernant le renforcement de capacités des jeunes, le consultant Senam BEHETON annonce une formation au profit des jeunes ambassadeurs des deux pays (Burkina Faso et Niger) qui vont intégrer le processus et le recyclage pour ceux déjà bénéficiaires d’une formation (Sénégal, Mali et Bénin).

Maïmouna GUEYE

Envoyée spéciale à Ouagadougou

Le Soleil