Ebola vaincue, la Guinée s’attèle à la relance des activités de promotion de la PF

Aujourd’hui, avec la forte sensibilisation sur les avantages de la planification familiale, la Guinée a atteint une prévalence de 7 %. « Une fois la maladie à virus Ebola boutée hors de la Guinée, nous espérons que les activités prévues dans le plan national PF reprendront en 2016 avec l’engagement ferme du gouvernement et des partenaires», déclare Dr Madina Rachid, chef de la division santé de la reproduction au ministère de la santé, chef de la délégation guinéenne à la 4è réunion du Partenariat de Ouagadougou.

Guinee

La 4è réunion annuelle du Partenariat de Ouagadougou (PO) – qui a pris fin vendredi, à Cotonou – a permis aux délégués des neuf pays membres du Partenariat de Ouagadougou et leurs partenaires techniques et financiers ainsi que les organisations de la société civile d’échanger sur l’état d’avancement  de la mise en œuvre  des plans d’action nationaux de planification familiale, les succès  et les défis des pays en la matière, qui sont entre autres, selon Mme Fatimata Sy, directrice de l’unité  de Coordination du Partenariat   de Ouagadougou.

Cette année, un accent particulier a été mis sur le futur du partenariat, sa vision, sa mission et ses objectifs pour la période 2016-2020 à partir du moment où il est reconnu la nécessité d’investir dans la planification familiale, surtout dans les pays de l’Afrique de l’Ouest, où l’on enregistre les prévalencesde la contraception moderne les plus faibles.

En 2011, l’objectif était d’avoir 1 million de femmes additionnelles utilisant la contraception moderne ; cet objectif a été atteint et dépassé, a révélé Mme Sy au premier jour de la 4è réunion du Partenariat de Ouagadougou (PO) à Cotonou.

En 2015, sans contrainte aucune et dans le respect des droits et des valeurs des populations, l’objectif fixé par le Partenariat de Ouagadougou est d’enrôler 2 millions 200 femmes nouvelles utilisatrices de la contraception moderne en entre 2016 et 2020, a révélé Mme Fatimata Sy. Le Partenariat de Ouagadougou (PO) entre donc véritablement, à partir de cette année, dans une phase d’accélération.

Dans cette logique, la Guinée ne sera pas en reste. Pour Dr Madina Rachid, chef de la division santé de la reproduction au ministère de la santé, chef de la délégation guinéenne à la 4è réunion du Partenariat de Ouagadougou, « la planification familiale en Guinée, à l’instar des autres pays, a bénéficié d’un appui technique du partenariat de Ouagadougou pour finaliser le plan de repositionnement de la planification familiale 2014 – 2018.»

Par la même occasion, elle a donné des explications sur ce qui était prévu en ce sens pour que la planification familiale soit renforcée. Selon elle, il était donc question d’organiser une journée de plaidoyer et de mobilisation des ressources pour la mise en œuvre de ce plan de repositionnement de la planification familiale. « Malheureusement, en 2014, nous avons eu l’avènement de la maladie à virus Ebola ; cela a empêché la mise en œuvre de ce plan parce que toutes les ressources mobilisées à l’époque pour la réalisation de ces activités ont été réorientées vers la lutte contre la maladie à virus Ebola », souligne Dr Madina Rachid.

L’enquête démographique et de santé (EDS 2012) a montré que la prévalence de la contraception moderne est environ de 7%. « Cependant, aujourd’hui, avec la forte sensibilisation sur les avantages de la planification familiale, nous avons une prévalence de 9%. Une fois la maladie à virus Ebola boutée hors de la Guinée, nous espérons que les activités prévues dans le plan national Planification Familiale reprendront en 2016 avec l’engagement ferme du gouvernement et des partenaires», souligne Mme Rachid.

Parlant des difficultés dans la mise en œuvre du plan national Planification Familiale, Mme Rachid affirme que la Planification Familiale n’est pas complètement acceptée en Guinée. Selon elle, les religieux devraient aider à convaincre les hommes afin qu’ils acceptent la planification familiale.Les réticences des religieux et des hommes sont des difficultés majeures auxquelles nous sommes confrontées à cause des pesanteurs socio-culturelles. Cela constitue un réel obstacle qui freine l’accès des femmes aux services de planification familiale. Pour certains hommes et religieux, note Dr Rachid, le recours à ces services par les femmes est assimilé à « une forme de prostitution ».

Kadiatou Thierno Diallo