Tradi-praticiens

L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) estime que 80% des Africains ont recours aux soins traditionnels qui offrent aussi des services non négligeables.

Avoir recours aux produits à base de plantes pour des malaises est rentré dans le quotidien des populations. Mais entre tradition et modernité, les choix divergent. Aujourd’hui, on conseille généralement les populations de se faire consulter, afin de diagnostiquer le mal dont elles souffrent. Mais des gens continuer de préférer des décoctions pour se soulager.

Ces faits sont plus répandus à l’intérieur du pays où le pouvoir d’achat des populations est très faible. Ce qui amène les infortunés à recourir au guérisseur du quartier ou du village pour avoir la solution à leur mal.

Ce qui étonne parfois, c’est lorsque ceux qui ont les moyens d’aller se faire consulter dans les hôpitaux, prennent le chemin des guérisseurs traditionnels. Ceci peut s’expliquer par une confiance inexpliquée et encrée dans la mentalité de l’homme noir en ces pratiques auxquelles ont fait recours leurs vieux parents. Difficile parfois de s’en passer.

« J’ai traité la fièvre typhoïde à l’hôpital. Bien sûr j’ai eu des soulagements, mais j’ai remarqué que la maladie a recommencé trois fois de suite. C’est une amie qui m’a conseillé ces plantes que j’ai préparé et mélangé avec du lait Peak que je prends, et je peux dire que je ne ressens plus de maux de ventre. Je pense que les plantes médicinales ont mieux fonctionné que les produits qu’on m’a prescris à l’hôpital », raconte Jeannette la trentaine.

Il arrive aussi que certains patients, préférant les guérisseurs, ne tiennent pas compte des conseils de leur médecin. Ils prennent des remèdes à base de plantes médicinales susceptibles de présenter des risques d’interactions dangereuses avec des produits pharmaceutiques.

Pour un paludisme par exemple, des personnes moins informées ou naïfs ont fait des guérisseurs leur refuge afin de recouvrir la santé alors que la solution était toute simple et à porter de leurs mains dans un centre hospitalier.

Il est donné de constater que ces guérisseurs ne travaillent pas dans des conditions hygiéniques qui laissent à désirer. Ce qui représente d’autres risques pour le malade. Ce secteur devrait être normalement réglementé afin de voir quel herboriste fait quoi où et dans quelles conditions, ceci pour le bien être des populations.

Les guérisseurs traditionnels constituent, même si on l’admet rarement, une source respectée d’information et de traitement. Si on leur donne les moyens nécessaires, ils sont bien placés pour jouer un rôle relativement important dans la lutte contre certaines maladies.

La preuve est là, des milliers de Togolais et des populations proches du pays s’approvisionnent au marché des fétiches d’Akodésséwa (Lomé) des produits et autre pour traiter certaines maladies devant lesquelles la médecine occidentale se révèle incapable. Soigner l’âme et le corps, les guérisseurs traditionnels en ont fait leur spécialité.

Privilégier l’un à l’autre serait prendre position et faire du tort à l’un par rapport à l’autre.