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Entretien avec Diane Romaine Bamela

16 décembre 2025

Si nos pays investissent davantage dans les DSSR, cela garantit une meilleure continuité des services et consolide les acquis.

BAMELA Diane Romaine,
Présidente de l’Association des Tantines de la Région de la Kara pour le Développement (ATAREKAD)

Comment appréciez-vous le thème de la 14 RAPO : « Accélérer le financement domestique des DSSR : quelles stratégies pour un engagement durable ? »

Diane Bamela est une jeune leader togolaise, défenseure des droits humains, notamment des droits sexuels et reproductifs, de la lutte contre les violences basées sur le genre (VBG) et de l’inclusion des jeunes du monde rural, formatrice en DSSR et Genre. Elle se réjouit de la tenue de la 14ᵉ Réunion annuelle du Partenariat de Ouagadougou (RAPO) à Lomé. Dans l’entretien ci-après, elle évoque la pertinence du thème, l’accès des jeunes aux services de santé sexuelle et reproductive ainsi que les initiatives portées par les jeunes.

Diane Bamela (D. B.) : Le thème est vraiment pertinent, car il met l’accent sur le financement domestique. On sait que de nombreux programmes dépendent encore des bailleurs internationaux, ce qui rend les acquis fragiles. Si nos pays investissent davantage dans les DSSR, cela garantit une meilleure continuité et une appropriation nationale renforcée. Pour les jeunes, c’est essentiel, car cela signifie que les services ne vont pas disparaître du jour au lendemain. Ce thème nous pousse à réfléchir à des stratégies concrètes afin que l’engagement soit durable et que les jeunes puissent bénéficier de services de qualité sur le long terme.

Quelle est la situation actuelle de l’accès des jeunes aux services de santé de la reproduction et de planification familiale dans votre pays ?

D. B. : L’accès des jeunes s’est amélioré, mais de nombreux défis persistent. Dans les grandes villes, il existe des centres où les jeunes peuvent se rendre, ce qui n’est pas toujours le cas en milieu rural.  Nous luttons aussi pour une inclusion des jeunes du monde rurale.  Beaucoup hésitent encore à fréquenter les structures de santé à cause du regard des adultes ou du manque de confidentialité. Les contraceptifs sont disponibles, mais parfois coûteux ou difficilement accessibles dans certaines zones. De plus, certains jeunes ne savent pas où trouver des services adaptés et se fient à des sources peu fiables. Des efforts sont faits, mais il reste nécessaire de renforcer l’accessibilité, la sensibilisation et l’accueil des jeunes.

Quelles initiatives les adolescents et les jeunes ont-ils mises en œuvre pour favoriser un changement social et comportemental en leur faveur ?

D. B. : Aujourd’hui, les jeunes s’organisent entre eux. Il existe des clubs scolaires qui abordent la santé sexuelle, des campagnes de sensibilisation sur les réseaux sociaux et des causeries éducatives dans les quartiers. Certains groupes utilisent le théâtre ou organisent des débats pour faire passer les messages. D’autres encore vont à la rencontre des autorités pour plaider en faveur d’un meilleur accompagnement. Toutes ces actions contribuent à briser les tabous.

Depuis la dernière RAPO, quels acquis ont été enregistrés pour les adolescents et les jeunes ?

D. B.: Des avancées ont été enregistrées. Davantage de jeunes sont formés au plaidoyer. Dans certaines villes, des espaces dédiés aux jeunes ont été créés pour offrir des services adaptés. Les contraceptifs modernes sont un peu plus accessibles qu’auparavant et, surtout, les jeunes commencent à être impliqués dans les discussions et les prises de décision, ce qui constitue une évolution positive.

Propos recueillis par B. S.

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