8 février 2021
La gratuité des soins et des services de planification familiale est une promesse présidentielle de Roch Marc Christian Kaboré faite à la population. Entrée en vigueur le 2 avril 2016, elle a pour objectif de rendre la gratuité des soins chez les enfants de moins de 5 ans et les femmes enceintes, des accouchements et des césariennes, et du dépistage des cancers du sein et de l’utérus. Cet engagement fort du président du Faso a pour but de réduire la vulnérabilité des ménages aux revenus limités.
5 ans après, quel constat peut-on faire de cette mesure sur le terrain ? Aussi, quel est le degré de satisfaction des bénéficiaires et surtout quel est son coût financier supporté par l’Etat burkinabè et ses partenaires techniques et financiers (PTF) ? Des éléments de réponse sont apportés à travers ce reportage. Lisez plutôt !
Hausse des prestations offertes
Selon Francis Bamogo, Agent au Secrétariat Technique chargé de la marche vers la Couverture Sanitaire Universelle, depuis l’adoption de cette politique jusqu’en 2020, environ 70 millions de prestations ont été offertes aux bénéficiaires. Toujours, selon lui, un budget de 120 milliards F CFA a été adopté pour la mise en œuvre de la mesure en 5 ans. Selon l’annuaire statistique 2019 du Ministère de la Santé, 16. 844. 971 de prestations ont été réalisées à un coût de 30. 241. 470. 243 F CFA.
Des données recueillies auprès du secrétariat technique chargé de la marche vers la couverture sanitaire universelle, le 8 janvier 2021, (à 10h54) le nombre de prestations de la mesure de gratuité de 2020 s’élève à 17. 652.868. Une comparaison du nombre de prestations de 2019 et 2020 indique une hausse de 807. 897 prestations. Une hausse qui traduit l’engagement du gouvernement burkinabè dans la promotion de la santé de la population.
Les difficultés et les solutions proposées
Francis Bamogo note qu’il existe plusieurs difficultés qui minent la pleine mise en œuvre de la mesure de gratuité. Les principales difficultés sont le retard dans le déblocage des fonds destinés à l’achat des prestations, les ruptures des médicaments et des consommables médicaux pour la prise en charge des malades et des pratiques de rétention de médicaments de certains agents de santé qui n’honorent pas la profession a-t-il déclaré.
Pour résorber ces problèmes, Francis Bamogo recommande que l’Etat envisage la sanction des agents « indélicats » si les faits sont réellement prouvés. En ce qui concerne les ruptures de médicaments, il dit qu’un certain nombre d’actions seront entreprises, notamment, la réduction des procédures de commande de médicaments. Le gouvernement travaillera également à rendre disponibles les fonds pour la mesure de gratuité des soins et des services de PF.
Les bénéficiaires satisfaits
Pour Mariam Traoré, mère d’un enfant de 7 mois, la mesure de gratuité des soins de l’Etat est une bonne chose. Elle aide les ménages dans la prise en charge sanitaire de la famille. Elle exhorte le gouvernement à renforcer cette politique.
Korotimi Bonkoungou, usager du Centre Médical avec Antenne chirurgicale (CMA) de Kossodo, accueille la mesure avec joie. Avant cette politique, les gens hésitaient à aller à l’hôpital avec leurs enfants à cause des frais d’ordonnance. Mais cela a changé maintenant, a-t-elle déclaré. Mais elle déplore la rupture des médicaments dans la plupart du temps et appelle les autorités à régler ce problème. Korotimi Bonkoungou est mère d’un enfant de 4 ans.
Même son de cloche pour Adjara Sama, femme enceinte et habitant au quartier Patte d’Oie de Ouagadougou. « Je félicite les autorités pour l’adoption d’une telle politique. Mais elles devront travailler à rendre disponibles les médicaments, car le plus souvent, ce sont des gants médicinaux et des comprimés de paracétamol qu’on nous donne. Nous achetons le reste des produits de l’ordonnance à la pharmacie », a-t-elle déploré.
Issouf TAPSOBA
Publié le 08-02-2021 dans l’Economiste du Faso
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