« Il est essentiel de renforcer le tissu social » pour mieux combattre les violences à l’égard des femmes et des filles

La Ministre du Plan, Mme Kané Aïchatou Boulama, assurant l’intérim du Premier Ministre, a participé, ce lundi 15 mars 2021 par visioconférence, à une réunion de Haut niveau du Groupe d’amis pour l’élimination des violences à l’égard des femmes et des filles.

Cette rencontre virtuelle est organisée par ‘’l’Initiative Spotlight’’, conjointement avec l’Union Européenne, dans le but de renforcer les mesures juridiques et institutionnelles ainsi que la mise en œuvre des programmes multisectoriels sur la question.

A ce problème, s’ajoute la pandémie de la COVID-19 dont les conséquences portent malheureusement le visage féminin.

Avec la fermeture des écoles, plusieurs milliers de filles risquent de ne jamais reprendre leurs études. Cette question est d’autant plus préoccupante dans les zones de conflit et d’insécurité où les filles ont moins de chance de retourner, ce qui les rend plus vulnérables aux mariages forcés et précoces.

Dans le discours qu’elle a prononcé, la Ministre Aïchatou Boulama a indiqué qu’assurer un accès à l’éducation de qualité, notamment aux filles, « demeure une de nos priorités comme en témoigne notre engagement sur la question au Conseil de Sécurité où, sous la Présidence du Niger, une Déclaration Présidentielle sur les attaques contre les écoles fut adoptée ».

Dans les pays fragiles, touchés par l’incidence multiple des changements climatiques et des crises sécuritaires, « il est essentiel de renforcer le filet social d’autant plus que pour la première fois en vingt ans, la Banque mondiale prévoit, cette année, une augmentation du nombre de personnes vivant sous le seuil de la pauvreté à l’échelle mondial », a suggéré la Ministre du Plan.

Malgré les difficultés auxquelles fait face le Niger, le taux d’incidence de la pauvreté a été réduit de 48% à 40% et les indicateurs en termes de développement humain pour la mortalité maternelle se seront fortement améliorés.

« Toute avancée dans l’éradication de la pauvreté est une victoire collective, mais encore plus pour les femmes car au Niger, la pauvreté a un visage à la fois rural et féminin », a déclaré Mme Kané.

Elle a aussi rappelé que « les violences contre les femmes et les filles sont, quelque soit les circonstances et leurs motivations, une tragédie. Elles sont tout simplement inacceptables ».

Le Niger, rappelle-t-on, a adopté l’ordonnance relative à la lutte contre la Traite des personnes et en particulier celle des femmes et des enfants, de même qu’une Politique et une Stratégie Nationale de Prévention et de Réponse aux violences basées sur le genre.

« C’est là une étape décisive dans la mise en œuvre du Plan d’action national sur la résolution 1325 et l’agenda ‘’Femmes, Paix et Sécurité’’ », a indiqué la Ministre Boulama.

La mise en œuvre de la politique de genre et la loi sur les quotas ont permis la nomination de femmes à des postes décisionnels importants, et cela a eu un impact positif sur la mise en œuvre des programmes de développement. « Bientôt, le Niger mettra en place un groupe d’amis des femmes du Sahel qui sera un cadre de réflexion et d’action afin d’optimiser la contribution des Sahéliennes aux politiques nationales, régionales et globales de développement », a annoncé Mme Kané Aïchatou Boulama.

Enfin, concernant la lutte contre la COVID-19, le vaccin « doit être vu comme un bien public mondial, c’est-à-dire non soumis aux lois du marché » a-t-elle préconisé.

Cette cérémonie, note-t-on, s’est déroulée en présence de la Cheffe de la Délégation de l’Union Européenne au Niger, Mme Denise Ionete Elena.

Publié 15-03-2021 dans ANP