La COVID-19 a entraîné des interruptions de services de santé essentiels dans 90% des pays.

Selon une dernière enquête de l’OMS, la pandémie de la COVID-19 a occasionné l’arrêt de près de la moitié des services de santé essentiels dans 90% des pays dans le monde. Un constat qui fait craindre des effets néfastes sur la santé de la population. 

90% des pays ont connu des interruptions de services de santé essentiels avec la pandémie de COVID-19. C’est l’une des principales conclusions de la première enquête indicative sur l’impact du virus sur les systèmes de santé réalisée par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS).

Basée sur les rapports de 105 Etats, elle fait également remarquer que les pays à faible revenu et à revenu intermédiaire ont signalé les plus grandes difficultés. 

Dans la plupart des pays, de nombreux services de routine et électifs ont été suspendus tandis que les soins intensifs, tels que le dépistage et le traitement du cancer et la thérapie du VIH, ont connu des interruptions à haut risque dans les pays à faible revenu.

Selon l’OMS, les données recueillies sont édifiantes. Par exemple, les services d’urgence susceptibles de sauver des vies ont été perturbés dans près d’un quart des pays qui ont répondu à cette enquête. C’est le cas des services d’urgence (24 heures sur 24) qui ont été interrompus dans 22 % des pays. Dans le même temps, les transfusions sanguines urgentes ont été interrompues dans 23 % des pays, la chirurgie d’urgence a été touchée dans 19 % des pays. 

En moyenne, les pays ont connu des interruptions dans la moitié d’un ensemble de 25 services étudiés. Le domaine le plus fréquemment perturbé est la vaccination systématique. Près de 70% des services de proximité ont été touchés, mais aussi le diagnostic et le traitement des maladies non transmissibles (69%), la planification familiale et la contraception (68%), le traitement des troubles mentaux (61 %), le diagnostic et le traitement du cancer (55%).

Les pays ont également fait état de perturbations dans le traitement du paludisme (46%), de la tuberculose (42%) et le traitement antirétroviral (32%).

Si certains domaines tels que les soins dentaires et la réhabilitation ont pu être délibérément suspendus conformément aux protocoles gouvernementaux, l’interruption de nombreux autres services devrait avoir des effets néfastes sur la santé de la population à court, moyen et long terme, affirme l’OMS.

Par ailleurs, 76% des pays ont fait état d’une réduction de la fréquentation des soins ambulatoires en raison d’une baisse de la demande et d’autres facteurs tels que le blocage et les difficultés financières. Le facteur le plus souvent cité du côté de l’offre est l’annulation des services électifs (66%).

Parmi les autres facteurs signalés par les pays figurent le redéploiement du personnel, l’indisponibilité des services en raison des fermetures et les interruptions de l’approvisionnement en matériel médical et en produits de santé.

Pour le Directeur Général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, l’enquête met en lumière les failles de nos systèmes de santé, mais elle sert aussi à éclairer de nouvelles stratégies visant à améliorer la prestation des soins de santé pendant la pandémie et au-delà.

Car, souligne-t-il,  l’épidémie risque de s’étendre et de s’atténuer au cours des prochains mois. D’où la nécessité d’améliorer le suivi en temps réel des changements dans la prestation et l’utilisation des services de santé afin d’adapter les solutions en conséquence.

Borgia Kobri

Publié le 01-09-2020 dans Agence Ecofin