4 juin 2026
Chaque 28 mai, le monde marque la Journée internationale d’action pour la santé des femmes. Moins connue que la Journée mondiale de l’hygiène menstruelle, célébrée le même jour, elle porte pourtant une ambition essentielle : faire de la santé des femmes une priorité collective. Une cause qui se trouve au cœur de l’engagement du Partenariat de Ouagadougou.

Une journée née d’un combat, restée dans l’ombre
La journée internationale d’action pour la santé des femmes n’a pas la notoriété du 8 mars. Beaucoup l’ignorent encore, d’autant qu’elle coïncide avec la Journée mondiale de l’hygiène menstruelle, bien plus médiatisée. Cette date a pourtant une histoire forte. C’est en 1987, lors d’une rencontre internationale consacrée à la santé des femmes au Costa Rica, que des militantes proposèrent d’instituer le 28 mai comme Journée internationale d’action pour la santé des femmes. Depuis, elle est portée à l’échelle mondiale par le Réseau mondial des femmes pour les droits reproductifs (WGNRR).
À l’origine, l’initiative visait surtout à faire reculer la mortalité et la morbidité maternelles. Au fil des décennies, elle s’est élargie à l’ensemble des enjeux de santé et de droits des femmes.
La santé des femmes ne se résume pas à la maternité
Cardiovasculaires, cancers, endométriose, ménopause, santé mentale… Ces réalités sont longtemps restées taboues ou minimisées. Pourtant, selon l’OMS, les maladies cardiovasculaires sont la première cause de mortalité féminine dans le monde (35 % des décès). En Afrique de l’Ouest, l’hypertension artérielle est un enjeu majeur. Au Sénégal par exemple, la prévalence dépasse 30 % chez les femmes de plus de 40 ans mais reste sous-diagnostiquée.
La santé des femmes se joue aussi tout au long de la vie. Les femmes âgées affrontent des enjeux spécifiques ; ostéoporose, incontinence, isolement, souvent invisibles dans les politiques publiques.
Plaider pour une meilleure santé des femmes, à tout âge, c’est défendre une société plus juste et plus inclusive pour toutes les générations.
La planification familiale un pilier mais pas le seul
L’accès volontaire à la contraception est l’un des leviers les plus puissants pour réduire la mortalité maternelle et infantile, espacer les naissances et éviter les grossesses non désirées. C’est aussi un levier d’autonomisation et d’éducation.
Le Partenariat de Ouagadougou, qui réunit neuf pays d’Afrique de l’Ouest francophone, porte cette conviction. Mais concrètement, quels résultats ?
En 2025, l’augmentation de l’utilisation des méthodes modernes de contraception dans les pays du PO a permis d’éviter :
Investir dans la planification familiale, c’est bon pour la santé des femmes, mais cela ne doit pas occulter les autres urgences : santé cardiovasculaire, dépistage des cancers, santé mentale, violences gynécologiques.
« Essentielle, pas optionnelle » : le mot d’ordre de 2026
Pour l’édition 2026, qui a eu lieu il y a 7 jours de cela, plusieurs organisations à travers le monde ont co-construit un appel à l’action commun, placé sous le thème « Essentielle, pas optionnelle : renforcer les systèmes de santé pour défendre le droit à la santé en temps de polycrise ». Le message était clair : même au milieu de crises qui s’accumulent ; dérèglement climatique, conflits, instabilité économique, recul des droits, la santé des femmes ne sauraient être sacrifiés ni relégués au rang de variable d’ajustement.
Cet appel résonne tout particulièrement en Afrique de l’Ouest, où les systèmes de santé doivent composer avec des contextes souvent fragiles et des ressources limitées. Renforcer des systèmes de santé résilients, accessibles et équitables, privilégiant une approche holistiques centrée sur les femmes n’est pas un luxe : c’est une condition de survie, d’égalité, de dignité et un levier de développement.
Tous concernés
Lorsqu’une femme accède à des soins de qualité, c’est toute une communauté qui en bénéficie. Moins de mortalité maternelle, des enfants en meilleure santé, des jeunes filles qui restent à l’école. Investir dans la santé des femmes, c’est investir dans l’avenir collectif.
Le 28 mai et chaque jour de l’année, nous rappelle une conviction simple mais fondamentale : garantir aux femmes le droit de vivre en bonne santé et de décider de leur avenir, c’est bâtir une société plus juste pour toutes et tous. C’est le sens même de l’action que mène le Partenariat de Ouagadougou aux côtés des gouvernements, des partenaires, de la société civile et des jeunes de la région.
Sources
May 28 – International Day of Action for Women’s Health, Women’s Global Network for Reproductive Rights (WGNRR) – campagne et appel à l’action 2026 « Essential, Not Optional » : https://may28.org/ et https://may28.org/2026-call-to-action/
Ville de Troyes – Journée d’action pour la santé des femmes : https://www.ville-troyes.fr/journee-d-action-sante-des-femmes/
AREQ (CSQ) – « Le 28 mai : Journée internationale d’action pour la santé des femmes » : https://areq.lacsq.org/le-28-mai-journee-internationale-daction-pour-la-sante-des-femmes/2026/05/
AXA Prévention – « Santé des femmes : une journée mondiale le 28 mai » : https://www.axaprevention.fr/a-la-maison/vacances-loisirs/sante-des-femmes-journee-internationale-action
Mutuelle des Services Publics – « Le 28 mai, journée internationale d’action pour la santé des femmes » : https://mutuelle-msp.fr/le-28-mai-journee-internationale-daction-pour-la-sante-des-femmes/
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