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Le Partenariat de Ouagadougou pose les bases d’un financement durable de la planification familiale.

En marge de la 81ᵉ Assemblée générale des Nations Unies, le Partenariat de Ouagadougou (PO) a réuni le 24 septembre 2026 des ministres de la santé et des finances, des institutions continentales[JO1]  et des partenaires techniques et financiers autour d’un enjeu crucial : comment financer durablement la planification familiale en Afrique de l’Ouest, alors que les ressources extérieures se raréfient et que les contraintes budgétaires s’intensifient.

Une transition de gouvernance avant d’être financière

La transition actuelle ne se résume pas à trouver de nouvelles sources de financement ; car il s’agit avant tout d’une transition de gouvernance. En effet, il faudrait passer de la dépendance à l’appropriation nationale, qui se retranscrit en choix de financement, de mise en œuvre et de redevabilité.  

Les échanges ont mis en évidence un écart persistant entre les engagements politiques, les ressources inscrites dans les budgets et les financements réellement décaissés et exécutés. La mobilisation domestique ne peut donc se mesurer au seul montant des allocations annoncées. Elle exige des lignes budgétaires identifiables et prévisibles, des mécanismes de décaissement efficaces et une capacité accrue à optimiser les ressources. La redevabilité doit couvrir toute la chaîne : engagement politique, allocation budgétaire, décaissement, dépense effective, résultats pour les populations.

Six orientations prioritaires pour l’action

À partir des expériences nationales partagées, six priorités se dégagent pour accompagner cette transition :

  1. Institutionnaliser le dialogue entre Santé et Finances et l’élargir aux ministères du Budget, du Plan, du Genre, de la Protection sociale, de l’Éducation et de la Jeunesse. Il ne s’agit plus seulement de plaidoyer sectoriel, mais d’intégrer les priorités sanitaires dans les arbitrages budgétaires dès leur conception.
  2. Sécuriser les ressources domestiques et améliorer leur exécution à travers des allocations réalistes, une attention accrue au décaissement et à l’efficacité de la dépense.
  3. Accélérer l’intégration de la planification familiale dans les soins de santé primaires, la santé maternelle et néonatale, les dispositifs communautaires et les paquets de services, pour améliorer l’accès, l’efficience et la soutenabilité.
  4. Renforcer la redevabilité et l’utilisation stratégique des données et suivre les engagements, allocations, décaissements, dépenses et résultats, et éclairer les décisions.
  5. Diversifier les acteurs et les mécanismes de financement : secteur privé, philanthropie africaine, mutualisation, financement basé sur les résultats, mécanismes innovants adaptés aux contextes.
  6. Renforcer la coopération et l’apprentissage entre les pays du PO : documenter les solutions qui fonctionnent, les partager et les adapter.

Du dialogue à l’action

La valeur de cette rencontre dépendra de sa capacité à nourrir des décisions concrètes. Au niveau national, les pays sont encouragés à poursuivre les dialogues intersectoriels et à identifier les mesures susceptibles de renforcer la mobilisation et l’utilisation des ressources domestiques. Au niveau du Partenariat de Ouagadougou, l’Unité de Coordination jouera pleinement son rôle de plateforme régionale : suivi des orientations, valorisation des expériences, facilitation des échanges et maintien du dialogue politique de haut niveau. Au niveau continental, la participation de l’Union africaine et d’Africa CDC ouvre des perspectives pour articuler les priorités du PO avec les dynamiques africaines en matière de financement durable de la santé et de capital humain. Enfin, les partenaires techniques et financiers sont appelés à passer d’une logique de substitution à une logique d’accompagnement de l’appropriation nationale.

Un choix politique durable

L’ambition reste intacte : 13 millions d’utilisatrices de méthodes contraceptives modernes dans les neuf pays du PO à l’horizon 2030. Mais la prochaine étape ne consiste plus à multiplier les engagements. Elle consiste à transformer les choix politiques en budgets, les budgets en actions et les actions en résultats durables pour les femmes, les filles, les familles et les communautés. Comme l’a rappelé le Dr Sidibé, sans budget, un engagement reste une promesse. Le Partenariat de Ouagadougou entend faire de cette transition un moment de choix : celui d’une planification familiale pleinement intégrée aux priorités nationales, financée par les pays et portée au plus haut niveau.


 [JO1]Le terme «continentales» me dérange un peu, je propose «régionales».

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