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Mortalité maternelle à Conakry : un spécialiste explique les causes

18 janvier 2021

La mortalité maternelle est un phénomène qui continue d’endeuiller de nombreuses familles dans le monde. Selon l’OMS, en 2015, plus de trois cent trois mille femmes sont décédées avant ou après l’accouchement à travers le monde. En Afrique subsaharienne, un certain nombre de pays ont réduit de moitié le taux de mortalité maternelle depuis 1990. Dans d’autres régions, dont l’Asie et l’Afrique du Nord, des progrès encore plus considérables ont été réalisés.

Entre 1990 et 2015, le taux mondial de mortalité maternelle (soit le nombre de décès maternels pour 100 000 naissances vivantes) n’a diminué que de 2,3 % par an, selon l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS). Néanmoins, la baisse de la mortalité maternelle s’est accélérée à partir de 2000. Dans certains pays, le repli annuel de la mortalité maternelle entre 2000 et 2010 s’est situé au-dessus de 5,5 %, qui est le taux nécessaire pour atteindre les objectifs du Millénaire pour le développement.

En Guinée, même si la situation n’est pas encore inquiétante, le phénomène existe. Pour toucher du doigt à la réalité, un reporter de Guineenews s’est rendu dans des Centres Médicaux Communaux (CMC) et des centres de santé de la capitale. Après avoir fait le tour de plusieurs structures sanitaires, nous avons été confrontés à un problème d’interlocuteurs. Un seul médecin a accepté volontiers de nous parler du phénomène. Il s’agit d’un médecin généraliste au CHU Donka et médecin chef du centre médical infantile de Sangoyah.

Selon Dr Bobo Baldé, Médecin Généraliste, l’une des principales causes de la mortalité maternelle, c’est l’hémorragie. La principale raison de la mortalité maternelle est l’hémorragie. Mais cela ne veut pas dire que c’est la seule. Je me suis focalisé sur l’hémorragie parce que d’après les statistiques de l‘OMS, la mortalité maternelle à l’accouchement au cours de ces six (6) dernières années suite à une hémorragie s’élève entre 13 et 18 %. Il y a aussi l’embolie amniotique qui évolue entre 15 à 16 %. À ceci, il faut ajouter, l’hypertension artérielle avec ces complications qui aboutissent à 8 % de décès ainsi que quelques infections qu’on peut résumer à 9 %, a-t-il dit.

Il y a aussi des complications qu’on peut rencontrer lors de l’accouchement qui peut également entraîner la mort du côté de la mère telle que la malformation du vagin due au handicap, c’est-à-dire la paralysie des membres inférieurs ou la précocité de la grossesse chez les mineurs, a-t-il ajouté.

D’après le Dr Bobo, le non suivi de l’évolution d’une grossesse expose la femme à des risques. Si l’alimentation d’une future mère est pauvre en fer, elle risque de faire une crise d’anémie qui entraîne la mort lors de l’accouchement. C’est pourquoi, il est recommandé lors de chaque grossesse de bien se nourrir. Raison pour laquelle, à chaque consultation prénatale, on prescrit des vitamines comportant 30 comprimés qui seront pris une fois par jour pendant 30 jours dans le but de renforcer la quantité du fer dans le sang, dira-t-il. Enfin, conseille-t-il, la Consultation Pré-Natale (CPN) est indispensable chez toutes les femmes enceintes.

Magnanfing Doré 

Publié le 16-01-2021 dans Guineenews.org 

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