Agents de santé à base communautaire au Burkina Faso : Une expérience qui inspire

Ce mercredi 27 mars 2019, s’est tenu à Ouagadougou, un atelier de restitution des résultats de l’étude portant sur la documentation de l’implication de l’Etat dans la mise en œuvre/expérimentation de la délégation des tâches à travers le recrutement des Agents de Santé à Base communautaire (ASBC) au Burkina Faso.

Au Burkina Faso, les statistiques font état de 23% de femmes qui ont un besoin non satisfait en planification familiale, d’un ratio de mortalité maternelle qui est de 330/100 000 naissances vivantes et d’un taux de mortalité infanto juvénile à 82/1000 naissances vivantes. Comme ailleurs dans les autres pays d’Afrique de l’Ouest, la prévalence contraceptive demeure faible. Ces chiffres s’expliquent en partie par la pénurie en personnel de santé qualifié, surtout en milieu rural.

Pour pallier cette carence en ressources humaines et améliorer l’accès aux services de santé de base aux communautés, le Burkina Faso expérimente le recours aux agents de santé à base communautaire (ASBC) depuis 2016. En outre, le pays à l’instar des autres pays d’Afrique de l’Ouest, a opté pour le repositionnement de la planification familiale dans les stratégies de lutte contre la mortalité maternelle.

« C’est ainsi que les ASBC sont mis à contribution pour améliorer l’offre de soins notamment en matière de planification familiale à travers le transfert/partage des tâches communément appelé la délégation des tâches », explique Dr Isaïe Méda, directeur général de la Santé publique, représentant le secrétaire général du ministère de la Santé à l’atelier.

Ce sont ainsi 17 668 ASBC qui offrent des services de planification familiale dans les zones rurales du Burkina Faso avec des résultats assez probants. Dr Méda souligne en effet, que « l’ensemble de ces prestations combinées à celles des professionnels de santé et des organisations de la société civile a permis au Burkina Faso en 2016, dans le cadre du Partenariat de Ouagadougou, d’être le seul pays à atteindre et dépasser l’objectif fixé avec plus de 98 000 nouvelles utilisatrices pour 77 727 prévues. » C’est ainsi qu’en 2017, le pourcentage des femmes ayant recours aux contraceptifs est passé en cinq ans de 15,65% à 22,36%.

Et le moins que l’on puisse dire, c’est que l’exemple du Burkina Faso inspire. L’ONG Population Council a en effet réalisé une étude visant à décrire l’expérience du Burkina Faso, dans le but d’inspirer les autres pays d’Afrique de l’Ouest, dans la mise en œuvre de bonnes pratiques qui pourraient avoir plus d’impact les années à venir. Dans cette étude, il s’est agi de documenter les bonnes pratiques liées au recrutement des ASBC, de résumer les principales leçons apprises et les défis rencontrés et enfin de formuler des recommandations visant à améliorer la mise en œuvre des politiques.

Le présent atelier a donc servi de cadre pour partager les résultats de l’étude avec l’ensemble des acteurs concernés par l’implication communautaire à la promotion de la santé.

Le directeur général de la Santé publique, Dr Méda, a formulé le souhait que les résultats de cette étude servent à améliorer la couverture en planification familiale aussi bien au niveau national que dans les huit pays signataires du Partenariat de Ouagadougou.

Justine Bonkoungou

Pubié le 27-03-2019 Lefaso.net