Appropriation des coalitions d’actions: les organisations membres du réseau Alliance Droit et Santé sollicitent le CNDH

Dans le cadre de son processus de plaidoyer visant à amener l’État à s’approprier la question Forum Génération Egalitaire, une délégation du réseau Alliance Droit et Santé en Côte d’Ivoire s’est entretenue avec une équipe du Conseil National des Droits de l’Homme (CNDH). Cette délégation conduite par la présidente de l’Association des Femmes Juristes de Côte d’Ivoire, Me Simone Assah-Akoh, était le 19 août, au siège du Conseil, à Abidjan-Cocody II Plateaux les Vallons.

«Le CNDH, en tant qu’institution, peut nous aider dans le plaidoyer. Tout comme en termes de soutien et d’accompagnement. Mieux, nous aimerions avoir un point focal au CNDH sur la question du Forum Génération Egalitaire», a sollicité la délégation. Pour ces échanges, la Présidente du CNDH, Namizata Sangaré, a délégué Bamba Sindou (Secrétaire Exécutif), Hokou René (Chef de Cabinet), Mlle Soumahoro Assanata (Chef de Département Droit de la Femme, de l’Enfant, des Personnes Vulnérables) et Karfala Camara (Chargé d’Etudes).

Au nom de la délégation du réseau Alliance Droit et Santé, la Secrétaire Générale adjoint de l’AFJCI, Kamissoko Agathe, a indiqué que le Réseau entend, à travers cette rencontre, solliciter le Conseil afin qu’il l’accompagne pour une meilleure connaissance des résolutions du Forum Génération Egalitaire tenu à Paris, du 30 juin au 2 juillet. Aussi a-t-elle souhaité que le CNDH serve d’interface pour transmettre les informations relatives au Forum.

A la question de savoir quelles sont les actions fortes du réseau qui vont nécessiter l’implication du CNDH, Kamissoko Agathe a souligné que sa structure espère obtenir des engagements de l’État de Côte d’Ivoire, avec le soutien du CNDH. Mais avant, elle a expliqué que le Forum Génération Egalitaire est un vaste mouvement de rassemblement féministe mondial. Et de préciser qu’il s’inscrit dans le droit fil de la conférence de Beijing tenue en 1995. Après cette rencontre, a-t-elle poursuivi, il n’y a pas eu un aussi vaste mouvement à travers le monde pour faire progresser les droits des femmes. « Après Beijing, le Forum génération égalitaire vient lancer des actions novatrices qui vont permettre de faire progresser les droits des femmes », a-t-elle affirmé.

Sa particularité, dira-t-elle, c’est qu’il s’appuie sur des actions concrètes pilotées par ses six coalitions d’action. Et d’ajouter que ces coalitions ont des thématiques bien précises.Il s’agit, entre autres, de la coalition qui travaille sur les violences basées sur le genre, celle qui travaille sur le droit de disposer de son corps et les droits en santé sexuelle et reproductive. A partir de ces coalitions, des actions concrètes ont été identifiées pour faire progresser les droits des femmes, contrairement aux autres initiatives où ce sont des déclarations qui sont faites à la suite des rencontres. Le Forum a ainsi identifié des actions et lors de la rencontre de Paris, il s’est agi de les présenter et d’amener les États et le secteur privé à prendre des engagements.

Le Forum, a-t-elle relevé, a pu obtenir en termes d’engagement sur le plan mondial, 40 milliards de dollars qui seront affectés à ces coalitions pour véritablement œuvrer à faire progresser les droits des femmes. Membres de l’Alliance droit et santé, l’AFJCI, l’ONG Messi, LeadAfricaines, Rijes, le Réseau Asapsu et Onef sont engagés dans cette lutte. Le réseau Alliance est également membre de la coalition d’action qui travaille sur les droits en santé sexuelle et reproductive. « L’Alliance droit et santé a participé à la construction des actions qui ont été présentées à Paris, lors du Forum Génération Egalitaire », a fait remarquer Kamissoko Agathe.

S’il n’y a pas d’engagements, il est difficile pour les ONG et les OSC de mener des actions, puisque ces organisations sont là pour accompagner l’État dans ses engagements. Le Forum Génération Egalitaire étant placé au niveau des États, ces derniers doivent, selon les six coalitions désignées, s’engager à faire progresser les différents aspects. Hokou René a suggéré un cadre national d’explication en vue de l’appropriation de toutes les valeurs qui ont été débattues ainsi que des engagements qui ont été pris au Forum. Pour lui, cela permettrait de faire aboutir les plaidoyers.

Le réseau Alliance droits et santé est composé de 22 associations spécialisées dans le domaine des droits et de la santé des femmes et des filles ainsi que de mouvements de jeunes et de femmes du Bénin, du Burkina Faso, de France, du Mali, du Niger, du Sénégal et de la Côte d’Ivoire.

Ange Ehourade

Publié le 21-08-2021 dans Fratmat