Autonomisation des femmes en Afrique subsaharienne : Le projet Swedd entre dans sa deuxième phase

La ministre Mariatou Koné demeure persuadé que, le dividende démographique est un atout essentiel pour le développement économique et social des Etats africains

Un atelier de réflexion stratégique et de la phase 2 du projet Swedd (Swedd 2), s’est ouvert ce lundi 03 février 2020 à Abidjan. Placé sous l’égide du professeur Mariatou Koné, ministre de la Solidarité, de la cohésion sociale et de la Lutte contre la pauvreté, cette rencontre qui se déroulera sur trois (03) jours, se veut être un cadre de concertation et de dialogue entre les différents acteurs de lutte contre la pauvreté en Afrique.

Initié par l’UNFPA et la Banque Mondiale, le projet Swedd, en vigueur depuis novembre 2015 au Burkina Faso, en Côte d’Ivoire, au Mali, en Mauritanie, au Niger, au Tchad, puis au Bénin, vise en effet, à accélérer la transition démographique pour créer les conditions d’un dividende démographique. « Le Sweed a réalisé, en quelques années, des progrès remarquables dans sa mise en œuvre. Ces progrès ont conduit d’autres pays à rejoindre l’initiative pour accélérer la dynamique enclenchée depuis 2015 pour l’autonomisation des femmes.» , a dit prof. Mariatou Koné, présidente du comité régionale de pilotage du Projet Swedd, indiquant que la deuxième phase de ce projet, s’inscrira dans la dynamique de la maîtrise de la fécondité.

Mariatou Koné demeure en effet, persuadé que, le dividende démographique est un atout essentiel pour le développement économique et social des Etats africains. C’est pourquoi, elle a appelé les Etats, membres de ce Projet, à consentir des efforts pour l’amélioration de la qualité de vie des populations.

« Nous devons faire en sorte que nos enfants, nos femmes et nos familles aient une meilleure qualité de vie. Pour ce faire, je vous invite à saisir l’opportunité de cet atelier pour concevoir des stratégies innovantes, s’inspirant des leçons apprises de la première phase, pour des résultats probants, facteurs de progrès et de développement de notre continent. Pour ma part, je suis déterminée à vous accompagner pour la réussite de cette deuxième étape. L’expérience partagée entre nos pays constitue une force. Comme on le dit, seul, on va vite, mais ensemble, on va loin. C’est pourquoi, nous devons continuer à nous appuyer les uns sur les autres pour une véritable coopération Sud-Sud avec la facilitation de nos partenaires techniques.», a martelé la présidente du comité régionale de pilotage du Projet Swedd.

Alain Akpadji, représentant résidant adjoint de l’UNFPA, s’est quant à lui, appesanti sur les actions à mener dans les prochaines années et a rassuré de l’engagement de son institution à poursuivre la coordination et l’assistance technique de phase 2 du projet Swedd.

« Je voudrais vous exhorter à redoubler d’efforts afin de consolider ces acquis, et renforcer davantage le partenariat stratégique et le plaidoyer pour l’engagement politique et la mobilisation des ressources en faveur du projet. Avec la prorogation du projet jusqu’en 2023, il s’avère nécessaire et impérieux d’identifier les gaps à combler en nous appuyant sur les leçons apprises et les bonnes pratiques, de redéfinir de nouvelles stratégies émergentes et innovantes afin de passer à l’échelle et atteindre le maximum de nos cibles.», a exhorté Alain Akpadji.

Christophe Lemier, représentant de la Banque mondiale, a dans la même veine, invité les Etats africains, à investir dorénavant dans le capital humain. Il demeure, en effet, persuadé que, c’est à ce prix que le continent africain pourra amorcer son véritable développement économique. « Depuis 2018, la Banque mondiale, s’est engagée sur la voie de l’investissement dans le capital humain. C’est un agenda très important pour l’institution. Les investissements dans l’éducation, la santé, sont les principaux facteurs de la croissance économique dans les pays.», a fait savoir Christophe Lemier.

Faut-il, le rappeler, entre 2015 et 2019 (Swedd – Phase 1), les indicateurs-clés dans les pays membres du projet ont connu une évolution positive dans les domaines centrés sur l’éducation des filles, la fécondité des adolescentes, la planification familiale, la santé de la mère et de l’enfant, le rapport de dépendance des enfants et le relèvement de l’âge du mariage. Le succès de l’initiative a fait des émules et a convaincu de nouveaux pays, le Cameroun, la Guinée Conakry, Madagascar, le Sénégal, la Gambie et le Togo d’adhérer au projet. Les demandes d’admission sont à l’étude. Les résultats remarquables ont également à faciliter la prorogation de la date de clôture au niveau des six pays pionniers jusqu’en 2023.

Maxime KOUADIO

Publié le 03-02-2020 dans linfodrome