Concours d’excellence en production médiatique sur la planification familiale : 26 prix attribués en cinq éditions

Le Population Council et l’Unité de Coordination du Partenariat de Ouagadougou (UCPO) organisent chaque année et ce depuis 2014, un Concours d’excellence en production médiatique sur la planification familiale (PF) à l’intention des journalistes, des blogueurs et activistes des neuf pays membre du PO. En cinq éditions, une vingtaine de prix d’excellence ont été attribués. En cinq éditions le bilan est satisfaisant. Au total, 226 productions ont été examinées par un jury international et 26 lauréats ont été primés.

Quelques anciens lauréats témoignent…

Eveline Akpédjé Ayodélé Sagbohan (ORTB – Bénin) « Je suis devenue une ambassadrice de la PF ».

En 2017, j’ai découvert le concours d’excellence en production médiatique sur la planification familiale dans un groupe de femmes journalistes béninoises. J’ai été lauréate en 2017 et en 2018. Cette deuxième consécration a été assez bénéfique au point de me transformer en ambassadrice de la PF au sein de mon service et au-delà…

Avant mon admission en tant qu’agent à l’Office de Radio et de Télévision du Bénin (ORTB) où j’avais été initiée aux métiers de l’audiovisuel, j’ai servi dans une presse privée en tant que stagiaire pendant dix-huit mois. Durant ce temps, et avec ma formation de base qu’est le droit, j’ai été très souvent poussée à proposer des sujets relevant du droit à la santé en conférence de rédaction. Avec mon statut de stagiaire, je n’avais pas des tranches conséquentes pour traiter ces sujets. Une fois à l’ORTB, plus précisément au service des langues nationales, mon chef de service au regard de mes études universitaires, m’a donné la chance de réaliser enfin mon rêve, d’informer les populations sur les questions sanitaires. En 2017, j’ai découvert le communiqué du concours d’excellence en production médiatique sur la planification familiale dans un groupe de femmes journalistes béninoises. J’ai été lauréate en 2017 et en 2018. Cette deuxième consécration a été assez bénéfique au point de me transformer en ambassadrice de la PF au sein de mon service. Mieux, je suis souvent invitée par les confrères d’autres stations pour parler des PF. L’expérience a été toute particulière le 26 septembre dernier (journée mondiale de la contraception) où, j’ai pu animer des causeries en langues nationales sur la PF. La réalité est que les populations non instruites sont très souvent sous-informées sur les questions de PF au Bénin. Une erreur qui renforce les résistances. J’ai alors décidé de faire des questions de la PF et de la santé reproductive en générale ma tasse de thé à l’égard de toutes les couches sociales. 

Makéba Tchibozo, journaliste (Bénin) « Une référence qui a le sens du partage »

« L’implication des hommes dans la planification familiale » et « Galiel ou la cité des grossesses non désirées ». Ce sont les titres des deux émissions radiophoniques qui ont permis à Makéba Tchibozo, journaliste à Radio Planète de décrocher successivement en 2014 et en 2016 le premier prix radio du concours de production médiatique sur la planification familiale organisé par le Partenariat de Ouagadougou et Population Council. Depuis lors, elle est devenue une référence dans le domaine de la couverture médiatique des questions relatives à la santé de la reproduction. Très sollicitée par diverses institutions nationales et internationales, elle parcourt le monde entier grâce à sa plume et à son micro. Présidente de l’Association des Journalistes spécialistes des questions de Planification Familiale (AJPF/Bénin) dont le parrain est l’Association Béninoise pour la Promotion de la Famille (ABPF), elle encadre et oriente régulièrement ses collègues pour la réalisation de bonnes productions.

Sa plus grande qualité, selon Flore Nobime, journaliste, lauréate du second prix presse écrite lors de la 4è édition en 2018, est son sens de partage : « C’est à cause de Makéba que j’ai su qu’il y a un concours de ce genre. Et elle n’a pas cessé de me le rappeler. Je ne voulais pas vraiment postuler. C’est elle qui m’a encouragée et m’a orientée. Elle partage toutes les opportunités avec nous sans arrière-pensée. C’est une qualité qu’on ne trouve pas partout. ». Une autre journaliste qui a participé à un atelier de Women’s Edition organisé par Population Reference Bureau à Dakar déclare depuis le lieu de la formation : « Makeba est une journaliste internationale. Tous les participants la connaissent et parlent de son professionnalisme. Elle est vraiment une référence dans ce domaine ». L’arbre qu’elle a planté porte de bons fruits. Depuis le début de cette aventure en 2014, les journalistes béninois sont constamment parmi les lauréats de ce concours. »

Romain K. Dekadjevi (Radio Topka – Bénin – Sénégal) « Une source de motivation pour les journalistes de développement« 

« Le prix de meilleure production médiatique que j’ai reçu dans le cadre de la 4e édition du concours représentait, en réalité, la deuxième récompense que je recevais en cette même année de deux mille dix-huit. La première production portait sur les trois types d’érosions qui défigurent la ville de Grand Popo primée par le Bureau des Nations unies pour la réduction des risques de catastrophes. Etant à la base un journaliste spécialiste des questions liées au changement climatique et à l’environnement, voir l’une de mes productions primées à Dakar a été une source de conviction pour moi que notre contribution au développement durable est reconnue et qu’il faille poursuivre dans cette lancée.

Mieux, loin de faire une lumière sur ma personne, ce qui n’a pas de sens à mon avis, ce prix a permis à beaucoup de personnes de reconnaître la place de la planification familiale dans la lutte contre les effets néfastes du changement climatique. Depuis l’année dernière, j’ai donc renforcé mes compétences en matière de planification familiale et de la santé de la reproduction en rapport avec l’environnement. Ce qui fait que je peux facilement faire des magazines et enquêtes journalistiques sur ces problématiques en évoquant les impacts des changements climatiques sur les enfants, les femmes et les ressources de la biodiversité dont fait partie l’homme. 

Après ce brassage interprofessionnel très riche de Cotonou à l’occasion de la 8ème réunion annuelle du Partenariat de Ouagadougou (RAPO), je ne compte pas abandonner le PO. Je suis un « Change Maker » et je compte apporter ma contribution à ce grand mouvement que vit l’Afrique. Le Partenariat m’a beaucoup donné et c’est l’heure, pour nous les journalistes, d’aller au-delà de la simple information afin de contribuer plus activement à combler les 13 % de gap pour 2020. Nous nous engageons tous.

Mbagnick Diouf (Radio OxyJeunes – Pikine – Sénégal) « Une distinction qui donne des ailes« 

Lauréat de la première édition du concours d’excellence en production médiatique sur la PF catégorie Radio, j’ai eu le privilège d’être nommé, un an après (décembre 2015) champion PF par le ministère sénégalais en charge de la santé. Un choix motivé non seulement par mon engagement sur ce terrain mais aussi par le prix remporté un an auparavant. Un prix qui forge la personnalité et ouvre des portes.

« Ce prix, forme de motivation, a renforcé ma popularité dans le milieu de la santé et de ma communauté. Il m’a permis de jouir d’un respect, d’une considération auprès de mes confrères. Il m’a permis d’être plus attentif aux questions de santé de la reproduction. Aujourd’hui, je me considère comme le porte-parole de la communauté sur les questions de santé ; j’ai gagné en confiance face aux autorités pour leur rappeler leurs engagements et promesses dans le domaine de la santé.

Habitant à Pikine, (banlieue la plus peuplée de la capitale sénégalaise, Dakar) avec quatre centres de santé dont aucun ne dispose de bloc opératoire fonctionnel, j’ai, à plusieurs reprises, interpelé le maire de la ville sur ce problème. Une fois, il m’a convoqué dans son bureau et m’a donné la primeur de la nouvelle du démarrage des travaux de blocs opératoires dans trois centres de santé.

Deux ans après, les bâtiments sont sortis de terre. Mais jusqu’à présent aucun bloc ne fonctionne. J’ai repris mon plaidoyer pour le démarrage des blocs. A l’occasion d’une réunion du Comité Régional de Développement sur la santé de la mère et de l’enfant dirigée par le gouverneur de Région, j’ai interpelé l’autorité administrative et le médecin chef de région sur la question de déficit de blocs opératoires dans la région. Ces derniers ont reconnu la nécessité et l’urgence de mettre en marche ces blocs.

Convaincus de mon plaidoyer, ils décident d’organiser une tournée dans les centres de santé de la région dont les blocs ne fonctionnent pas. A la suite de cette tournée, l’idée de mutualiser les forces est proposée pour au moins faire démarrer un bloc opératoire dans la banlieue. Ils nous promettent dans un bref délai de faire fonctionner un bloc. Ce que nous allons suivre.

C’est dire que le lauréat que je suis s’engage à interpeller les autorités sur toutes les questions de santé qui sont en réalité des questions de développement. »