Conseils

Awa Marie Coll Seck: Le contexte international est favorable à la planification familiale car tous les experts savent aujourd’hui que c’est l’un des principaux leviers de développement. Contraception et démographie sont intimement liées. En 2012, la conférence de Paris a permis la prise d’engagements des bailleurs de fonds, parmi lesquels la Fondation Bill-et-Melinda-Gates, très active sur ce dossier. Immédiatement, le Sénégal a décidé de pousser cet agenda car l’utilisation des contraceptifs était très faible chez nous.

ELLE: Est-ce une nouveauté pour le Sénégal ?

Awa Marie Coll Seck: Non. Dès les années 60, des ONG promouvaient le Planning familial au Sénégal. Globalement, la société civile a toujours été engagée, mais le pays souffrait d’un manque de moyens financiers et de contraceptifs. Depuis 2012, nous avons replacé la santé reproductive et le Planning familial au cœur de l’agenda national afin d’offrir aux femmes sénégalaises des services de qualité. Aujourd’hui, nous consacrons 400 millions de francs CFA (610 000 € – ndlr) par an à l’achat de contraceptifs et 1 milliard de francs CFA (1,5 million € – ndlr) au personnel dédié à ce projet. De multiples ministères sont impliqués : travail, santé, formation professionnelle, éducation… Jusqu’au président Macky Sall qui, régulièrement, s’enquiert des avancées lors du Conseil des ministres ».