Dividende démographique : Suivi budgétaire pour s’assurer de la tenue des engagements

A l’image de la famille au sein de laquelle les uns font des promesses, promesses dont les autres s’assurent de la réalisation, l’association SOS Jeunesse et défis s’outille en suivi budgétaire pour mieux suivre les engagements du gouvernement en matière de santé de la reproduction.

Abdoul Yoropo Dembélé, centre d’études et de recherches appliquées en finances publiques, est chargé de former deux jours durant une vingtaine de jeunes en suivi budgétaire. La question de la nécessité ne se pose pas pour cet enseignant à l’école nationale des régies financières car dit-il,

« le suivi budgétaire, c’est très important parce que ce suivi pose la question de la redevabilité, de la transparence ».

Mais pour s’assurer qu’il y ait redevabilité et transparence dans la gestion des ressources publiques, il sied de passer par la case apprentissage pour ces jeunes qui ont déjà une certaine expérience sur la planification familiale.

C’est alors qu’à la suite de l’implémentation d’un projet sur le renforcement de l’implication des jeunes dans l’élaboration et la mise en œuvre du plan national d’accélération sur la planification familiale, l’association a jugé « judicieux » de suivre à la trace la ligne budgétaire consentie par l’exécutif pour la santé de la reproduction.

« Avant tout, argumente Harouna Ouédraogo, secrétaire général de l’association SOS Jeunesse et défis,  il faut que les gens aient les rudiments nécessaires pour faire ce travail. Si on veut faire le suivi et puis on ne connait pas les différentes étapes d’un suivi, c’est un peu compliqué. Surtout que c’est dans un autre volet sur le budget ».

Ida Salou est chargée de l’accélération de la transition démographique pour le ministère de la santé. Elle voit d’un bon œil cette formation au profit de jeunes issus d’organisations de la société civile et qui ne jouent que leur rôle de veille.

Et pour cause, « le gouvernement prend beaucoup d’engagement ». Alors que « ce n’est pas parce qu’on prend des engagements qu’on est les tient toujours ».

Cet état de fait mérite selon elle, qu’il y ait quelqu’un en arrière pour rappeler les engagements que le gouvernement a pris. Ce jeu de rôle est à ses yeux ce qu’il est donné d’observer dans une famille.

 « C’est un peu comme dans une famille, considère Ida Salou. Il y a quelqu’un qui fait des promesses et il y a quelqu’un d’autre qui est là pour rappeler que les promesses n’ont pas toutes été tenues. C’est juste un rôle d’équilibre entre les deux ».

Ainsi, il y a des observateurs pour dire au gouvernement quel engagement a été réalisé à hauteur de tel pourcentage et qu’il reste encore un tel effort à faire.

Pour le secrétaire général de l’association SOS Jeunesse et défis,

« il ne faut pas qu’on mette seulement l’argent. Si on met l’argent, qu’on arrive à dépenser effectivement ».

Cette volonté de veille continue est tout à fait « normale » commente Ida Salou. Après tout,

« c’est pour permettre à l’Etat quelque part de respecter ses engagements », relève Abdoul Yoropo Dembélé.

Dans le cas présent, en matière de planification familiale avec en ligne de mire l’épineuse question du dividende démographique.

Oui KOETA

Publié le 11-05-2018 dans Burkina24