Droit à l’information, le défi de l’implication des jeunes dans la santé reproductive

Début septembre dernier, au Centre de Santé AGD, à Sebkha une des communes de Nouakchott, la capitale mauritanienne, il est 10h15 ce jour-là quand Lala Aicha fait son entrée dans ce lieu, avec son 4e enfant Mohamed près de deux ans. Elle a été mariée à l’âge de 12 ans, elle aurait souhaité avoir des infos à temps sur la santé reproductive, une préoccupation qui soulève l’enjeu de l’éducation à la santé reproductive des jeunes .

Sur les pas de la jeune maman Lala Aicha

Pour répondre à mon entretien, Lala 23 ans mariée et mère de quatre enfants, a dû enfermer dans sa maison, des enfants son ainé de 9 ans pour pouvoir répondre à mes questions. Quand je lui ai demandé si elle faisait de petits boulots pour joindre les deux bouts, elle me répondit :

« J’aimerais bien mais que puis-je faire d’autres, avec 4 enfants à cet âge ? Je dois attendre qu’ils grandissent pour pouvoir entreprendre quelque chose, je n’ai personne pour s’occuper d’eux de faire et  de mes travaux ménagers ». Combien d’années va-t-elle attendre avant que ses enfants grandissent avant qu’elle ne s’occupe de son destin de femme que de mère uniquement ?  Sans doute plusieurs années.

Jeune mère au foyer

Dans la fleur de l’âge, si Lala Aicha avait été informée de l’importance de l’espace des naissances, planifier ses naissances pour s’épanouir sanitairement, personnellement, professionnellement, son destin serait différent aujourd’hui. Combien sont-elles dans ce cas de figure, en Mauritanie? sans doute beaucoup. Parlez de la santé reproductive des jeunes demeure un sujet tabou encore dans notre société? pourtant le droit à l’information sur la santé est nécessaire pour impacter sur la croissance du taux de contraception dans nos pays, car les jeunes sont des porteurs de voix qui peuvent informer leurs communautés sur l’importance de l’espacement des naissances.

Ainsi la meilleure manière d’impacter sur le taux de contraception est d’informer les jeunes sur la santé reproductive, les risques des grossesse rapprochées, et d’impacter sur la santé de la mère et de l’enfant et sur la famille en général est d’informer , impliquer, sensibiliser les jeunes aujourd’hui. Une façon d’outiller les adultes de demain sur la question.

Une jeunesse informée, saura mieux se protéger à l’avenir si elle est informée à temps. C’est le message de plaidoyer qu’il faut faire passer afin de sauver cette cible de l’ignorance de sa santé et qu’elle soit plus actrice de sa santé reproductive de demain. Une façon pour la jeunesse de s’équiper d’information sur son corps, sa santé reproductive, ainsi outillé elle s’aura une fois adulte comment agir en espaçant ses naissances.

L’enjeu de sensibilisation les jeunes sur la santé reproductive pour préparer l’avenir à l’espace des naissances

A cause sans doute du rapprochement de ses enfants, Aicha a les pieds liés, car tous ses rêves sont aux arrêts à cause du non espacement de ses enfants. Impossible de travailler ne sachant pas à qui confier ses enfants Quel métier peut-elle faire sans scolarisation ? comment gagner sa vie dans ses conditions ? A son jeune âge, elle aurait pu vivre sa vie professionnelle, entreprendre, travailler en alternance, faire du commerce, bouger, faire des expériences, travailler, avoir une vie professionnelle, contribuer à la gestion financière du foyer. 

Lala dit avoir pris une méthode contraceptive récemment avec l’accord de son mari, elle ne rêve que d’une chose, pouvoir s’affranchir de ces travaux ménager qui meublent son temps et gagner sa vie par elle-même et désormais avoir son mot à dire sur sa santé reproductive, qui est revendication légitime .

L’implication des jeunes dans la promotion de la santé reproductive est menée depuis la mise en place du Réseau des Jeunes Ambassadeurs pour la Santé Reproductive/Planification Familiale. Une plateforme qui mène en Mauritanie un travail remarquable d’information de sensibilisation pour que les jeunes aient accès aux infos et inciter leurs communautés à la contraception afin de doubler le nombre d’utilisatrices de contraception moderne pour atteindre 13 millions en 2030, un défi majeur du Partenariat de Ouagadougou, très engagés depuis 10 ans sur les questions de l’espacement des naissances, en faveur du bien être.

Awa Traoré

Publié le 24-09-2021 dans Thaqafa