Entretien avec la Directrice de l’Unité de Coordination du Partenariat de Ouagadougou, Fatimata Sy

Mme la directrice vous êtes au Niger avec une délégation des bailleurs du Partenariat de Ouagadougou. Quel est l’objet de cette visite de travail au Niger ?

Merci beaucoup. Effectivement, nous sommes là depuis avant-hier (NDLR : Samedi 20 mai) et nous avons lancé cette caravane des bailleurs de fonds du Partenariat de Ouagadougou que nous appelons la caravane 2017 des bailleurs de fonds du Partenariat de Ouagadougou et qui est la troisième que nous organisons depuis le lancement du partenariat et effectivement, nous avons commencé par le Niger et nous allons poursuivre avec le Burkina Faso et terminer avec le Bénin. Comme objectif, ce que nous voudrions à travers cette caravane, c’est un des grands événements, un des grands moments du Partenariat de Ouagadougou dans la mesure ou ça donne l’opportunité aux bailleurs d’être ensemble et conjointement venir dans un pays, visiter les réalisations y compris les réalisations qu’ils financent, mais aussi de rencontrer l’ensemble des parties prenantes qui s’activent dans les questions de santé de la reproduction et de planification familiale. Et quand je dis l’ensemble des acteurs il s’agit du gouvernement, de la société civile, du secteur privé, mais aussi les bailleurs de fonds qui sont ici dans le pays. Le deuxième objectif c’est qu’au delà de voir ce qui se passe au niveau du pays c’est de faire une analyse très objective pour voir puisque nous sommes dans cette phase d’accélération de la mise en œuvre du plan santé sexuelle et reproductive et la planification familiale ou en est le pays, est ce que les engagements pris par le pays sont en train d’être respectés sinon pourquoi et discuter pour voir les voies et moyens à prendre pour corriger cela. Mais je pense que les pays peuvent aussi interpeller les bailleurs sur leurs engagements parce qu’il s’agit d’un partenariat ou les deux parties ont pris des engagements. Donc c’est le moment de revisiter les engagements des uns et des autres. Et suite à cela ensemble gouvernement, société civile et bailleurs de fonds regardent quels sont les messages clés à délivrer au niveau du gouvernement, mais aussi les messages clés que les différents bailleurs doivent repartir avec, pour pouvoir discuter avec leur organisation respectives.

Cette caravane va être poursuivi par une réunion des bailleurs que nous allons organiser à Washington les 28 et 29 juin prochain et justement c’est la moisson des informations que nous allons avoir avec cette caravane qui va nous permettre d’avoir un agenda avec toujours le souci de comment mieux appuyer  les pays, s’aligner mieux aux besoins des pays tout en respectant l’esprit du pays, la culture du pays, les valeurs du pays. C’est quelque chose qui est très important et ça fait partie de cette caravane que les gens y viennent, qu’ils voient les réalités de ce pays, les normes sociales de ce pays pour que même en développant leur stratégie, qu’ils puissent prendre cela en compte.

Fatimata Sy et les bailleurs à la Clinique de Bien-être Familial de l’ANBEF, Niger

Vous avez effectué plusieurs visites dans les CSI, cliniques et autres centres de santé à Niamey. Quelles impressions avez-vous de la PF d’une manière générale ?

Ce que nous avons vu, c’est d’abord en termes d’engagement politique. Depuis qu’on est là, c’est qu’on a senti de manière très forte, c’est que le gouvernement et les partenaires ont vraiment préparé l’arrivée de cette caravane et que l’esprit du partenariat est respecté par les parties prenantes parce que ça toujours été une approche. Et c’est cette approche participative et inclusive qui fait ce partenariat. Nous avons vu que l’esprit est respecté parce que nous voyons toujours le gouvernement et à ses côtés, la société civile, les partenaires techniques et financiers. Donc je pense que ça aussi c’est une très bonne appréciation que nous avons pu faire depuis notre arrivée. Nous avons effectivement visité des programmes qui sont soutenus par certains des bailleurs qui sont là, à savoir des bilatéraux, des multilatéraux, des fondations. Nous avons visité une structure qui est un privé social. Il a un statut de privé mais vraiment les prix sont abordables dans la communauté pour pouvoir les couvrir. Nous avons été très impressionnés par l’esprit d’intégration de la planification familiale, des questions de santé sexuelle et reproductive dans les services de santé maternelle et au niveau des maternités après accouchement où les femmes sont préparées pendant les consultations prénatales et c’est de manière volontaire qu’elles viennent prendre les produits. On a beaucoup apprécié cet esprit d’intégration qui fait partie du partenariat de Ouagadougou. Aussi dans aucune des structures visitées, on nous a parlé de rupture de stock et en plus, il y a la gratuité des produits, cela veut dire que l’engagement du gouvernement et des acteurs sont là. Maintenant, il ne faut pas dire que tout marche que tout est là. Nous savons qu’au niveau du Niger, il y a quelques préoccupations relatives à la création de la demande. Il ne s’agit pas pour nous Partenariat de Ouagadougou d’enfreindre certaines valeurs. C’est beaucoup plus vu sous l’angle de la santé maternelle et de l’autonomisation de la femme. Ce sont les deux piliers sur lesquels nous travaillons aujourd’hui parce que sur la lutte contre la mortalité maternelle, on n’a pas a à faire beaucoup de développement. Nous disons simplement qu’il est inadmissible, qu’il est intolérable qu’une femme perde la vie en donnant la vie et nous savons quel est le poids des grossesses rapprochées. L’autonomisation de la femme est aussi en cohérence avec la politique gouvernementale. Nous parlons de l’émergence de ce pays. Il ne s’agit pas seulement de faire des plans, des programmes, il faut aussi les appliquer. Il y a la bonne vision que nous avons vue au niveau des leaders politiques avec en premier le Chef de l’Etat du Niger qui est connu dans les instances internationales par ces prises de positions très courageuses sur l’émergence économique. Je pense que l’émergence économique dépend des hommes et des femmes et il faut absolument pour cela pousser la scolarisation des filles, permettre aux filles d’aller à l’école, à l’université.

Directrice de l’UCPO, Fatimata Sy

Le Niger comme d’autres pays du partenariat ont quelques soucis relativement à la mise en œuvre effective de leur plan d’action. Qu’est que ces pays peuvent attendre de cette caravane de bailleurs de fonds ?

Tout à fait. Je pense que nous même au niveau de l’unité de coordination du Partenariat de Ouagadougou, c’et un message fort que nous envoyons aux partenaires techniques et financiers. Le Niger faisait partie de la première caravane et à cette caravane, les bailleurs étaient au nombre de quatre. Cette fois ci nous avons mobiliser beaucoup plus que quatre, ils sont six bailleurs de fonds. Je pense que le grand problème au Niger est au niveau de la mise en œuvre de son plan d’action, nous en sommes conscients et nous savons qu’il y a un problème de financement. Il faut absolument que les bailleurs puissent intensifier leurs financements et la plupart des bailleurs n’ont pas le Niger dans leur stratégie quand nous avons commencé et c’est avec le partenariat que nous avons vu de nouveaux bailleurs arriver. Donc ces bailleurs sont arrivés et ont intensifier leur contribution et leur participation. Donc on est encore dans cette dynamique d’avoir de nouveaux bailleurs de fonds que nous, au niveau de la coordination allons orienter vers le Niger qui fait partie des pays où on voit beaucoup de progrès. Mais, au-delà de ça, nous allons rencontrer les ministères, l’Assemblée nationale parce que je pense qu’on ne peut pas parler d’une priorité nationale et ne pas voir le gouvernement aussi contribuer à ce qu’il a définit comme une priorité nationale. Donc nous ferons beaucoup de plaidoyer pour qu’il y ait une intensification et un élargissement des financements extérieurs mais qu’on voit aussi des financements endogènes, qu’ils soient plus importants pour couvrir ce plan d’action pour qu’on atteigne les objectifs assignés 2020

Fatouma Idé