Fatimata SY: « Nous voulons remobiliser les gens autour du plan de relance de la Planification Familiale »

ce10640335f77c795e6a4fad940faa7e_LLe Partenariat de Ouagadougou (PO) facilite la coordination, les échanges entre les pays pour que les expériences réussies puissent encore être adaptées et répliquées dans le pays… sans passer par des phases de pilotage.

Après une visite de travail de trois jours à Abidjan, en compagnie des bailleurs clés et acteurs du Partenariat de Ouagadougou (PO), qui ont voulu par cette mission s’imprégner des avancées de la Planification Familiale (PF) en Côte d’Ivoire, et s’enquérir des difficultés rencontrées dans la chaîne de distribution des produits contraceptifs, Mme Fatimata SY, directrice de l’Unité de Coordination du Partenariat de Ouagadougou (UCPO), s’est prêtée à nos questions. Où elle traduit la satisfaction des partenaires à l’issue de cette tournée.

Quelle était la priorité des bailleurs en effectuant cette visite ?

Ce que nous recherchions en venant en Côte d’Ivoire, c’est de voir l’étape de l’exécution du plan de relance de la PF, toucher du doigt les réalités. C’est de constater les progrès. Nous avons noté avec satisfaction qu’il y en a beaucoup. Et aussi, nous voulons voir quelles sont les difficultés et les perspectives dans la mise en œuvre du plan de redressement de la PF. La deuxième priorité, c’est rencontrer les partenaires qui sont déjà dans le pays et aussi l’ensemble des parties prenantes (secteur privé et la société civile). Ce que nous voulons créer, je pense que nous l’avons réussi. C’est de remobiliser l’ensemble des parties prenantes autour du plan de relance de la PF. Je crois que les gens sont occupés, mais il faut de temps en temps les remobiliser.

A quel niveau se situe les défis ?

Il y a des choses qui fonctionnent bien. Mais il y a quand même des difficultés qui subsistent. Tout le monde est conscient qu’au niveau de la chaîne d’approvisionnement en produits contraceptifs, l’idée est d’arriver au dernier kilomètre, que la dernière utilisatrice dans le pays puisse avoir accès aux médicaments, aux produits contraceptifs de manière continue. En visitant les centres de santé, certains étaient bien fournis et d’autres non. Donc il y a encore une marge de progression dans ce domaine. On a rencontré en revanche des jeunes, voire de très jeunes qui participaient à des séances de sensibilisation. Ils étaient déjà bien informés, sensibilisés. La demande est là, la connaissance, la formation passe, il y a certains progrès qui sont en cours, avec la Nouvelle Pharmacie de la Santé Publique (NPSP), pour parer au meilleur acheminement des produits. Les choses progressent.

Après les différents échanges avec les autorités ivoiriennes, repartez-vous satisfaite ?

Très satisfaite. Parce que nous avons constaté un engagement politique très fort, ici. Nous avons vu que la Côte d’Ivoire nous a magnifiés, récemment, dans la présentation de l’état d’avancement de la mise en œuvre de son plan d’action. C’était  un diagnostic sans complaisance des opportunités, mais aussi des défis auxquels elle doit faire face. (…) Nous avons vu une société civile déterminée, un secteur privé qui réclame d’être partie prenante à part entière dans la mise en œuvre du plan de relance de la PF, et aussi l’ensemble des partenaires techniques et financiers sont prêts à accompagner le pays dans la mise en œuvre.

En matière de PF qu’est-ce que le PO apporte à la Côte d’Ivoire ?

Quelle est la valeur ajoutée du PO dans ce que chaque pays fait déjà? C’est d’abord le fait que les neuf pays membres du PO (Burkina Faso, Sénégal, Bénin, Togo, Mauritanie, Niger, Mali, Guinée et la Côte d’Ivoire), définissent ensemble un objectif commun. Et que chaque pays est redevable envers les autres dans la quête de ce résultat. Les pays ont défini ensemble deux millions de femmes additionnelles utilisatrices de la planification familiale d’ici 2020. Chaque pays a identifié devant ses pairs quelle va être sa contribution. Donc, le Partenariat de Ouagadougou permet justement d’accélérer, de créer plus de dynamisme. Chaque pays doit aller très vite et doit contribuer à hauteur de ce qu’il  a pris comme engagement. Le Partenariat de Ouagadougou (PO) facilite la coordination, les échanges entre les pays pour que les expériences réussies puissent encore être adaptées et répliquées dans le pays… sans passer par des phases de pilotage. Notre avantage c’est que les bailleurs puissent s’aligner sur les priorités définies par les pays.

Les perspectives du Partenariat de Ouagadougou

L’engagement, c’est d’arriver à mobiliser dans les neufs pays participants au PO, 2,2 millions de femmes additionnelles utilisatrices des produits contraceptifs modernes en 2020. La part qui revient au gouvernement ivoirien est très importante. Puisqu’il est de 514 000 femmes supplémentaires.

Isabelle SOMIAN

Fratmat.Info