Gratuité de la planification familiale : une réalité désormais effective au Burkina Faso
La planification familiale est désormais gratuite sur toute l’étendue du territoire burkinabè depuis le 1er juillet 2020. Le lancement officiel de l’opération a eu lieu le samedi 26 septembre 2020 dans la commune de Banfora, région des Cascades. La mesure contribuera ainsi à améliorer les indicateurs de santé « peu reluisants » au Burkina Faso. La cérémonie était placée sous le patronage de Sika Kaboré, épouse du Président du Faso.
La promotion de la planification familiale, selon la Ministre de la Santé, Claudine Lougué, est une des stratégies reconnues pour la maîtrise de la croissance démographique et le développement socio-économique. Ainsi, c’est dans la perspective d’assurer l’accès universel des populations aux services de planification familiale de qualité et de lutter efficacement contre la mortalité maternelle et infantile, que le gouvernement burkinabè a graduellement augmenté sa part contributive à l’acquisition des contraceptifs qui a connu une explosion au cours de ces dernières années. A en croire les statistiques données par la ministre de la Santé, en 2015, cette contribution était de 375 millions de F CFA. Ce montant est passé à 800 millions en 2018 et 900 millions en 2020. A cet important investissement financier, il faut ajouter les charges liées aux personnels, aux infrastructures et aux équipements.
La planification familiale est reconnue depuis longtemps comme un moyen essentiel pour maintenir la santé et le bien-être des femmes et de leurs familles. Elle joue un rôle très important dans la régulation des naissances et contribue à réduire de 30% le ratio de mortalité maternelle et de 20% le taux de mortalité infantile, a indiqué la Ministre.
Cependant, bien que les avantages de la planification familiale soient reconnus, beaucoup de Burkinabè, notamment les femmes, n’ont toujours pas accès à des services et des informations sur les méthodes modernes de contraception. La prévalence contraceptive chez les femmes en union reste faible (28% en 2019) avec un taux élevé des besoins non-satisfaits (23,3% en 2018).
C’est ainsi qu’en décembre 2018, le gouvernement a opté pour la gratuité des soins et des services de planification familiale dont la mise en œuvre se voulait progressive. Après une phase initiale réussie dans les régions des Cascades et du Centre-Ouest, le bénéfice de la gratuité de la planification familiale a été étendu à l’ensemble du territoire national pour compter du 1er juillet 2020. D’où le lancement officiel de la mesure, le samedi 26 septembre 2020 à Banfora.
Réduire les mortalités maternelles et infantiles à répétition
Cette opération permettra à toutes les femmes et aux jeunes filles d’avoir accès aux services de planification familiale (contraception et consultations médicales notamment). Une opportunité pour le Burkina Faso de venir à bout des mortalités maternelles et infantiles à répétition. En effet, le Burkina Faso est caractérisé par une augmentation rapide de sa population avec un taux de croissance démographique de 3,1%, un indice synthétique de fécondité de 5,4 enfants et une mortalité des enfants de moins de 5 ans de 81,6 ‰ en 2015. « Sur 100 000 naissances vivantes, on enregistre 330 décès maternels. En plus, la pauvreté touche deux Burkinabè sur cinq. Cela pourrait s’expliquer par le fait que le rapport entre le nombre effectif de producteurs et le nombre effectif de consommateurs reste encore faible (45% en 2016).
Pour Sika Kaboré, la gratuité des services de planification familiale instituée par décret par le Président du Faso devrait contribuer à améliorer les indicateurs de santé au Burkina. Maintenant, chaque femme pourra gratuitement choisir le temps de sa maternité, d’espacer les naissances afin de pouvoir se consacrer à l’éducation des enfants et de participer au développement économique en étant en bonne santé, a indiqué l’épouse du Chef de l’Etat.
Pour l’opérationnalisation de cette opération, le pays a bénéficié de l’appui de plusieurs partenaires techniques et financiers dont le Fonds des Nations Unies pour le Développement (UNFPA), ainsi que le soutien des acteurs de la société civile. C’est pourquoi, la Ministre de la Santé a saisi l’occasion pour rendre un vibrant hommage à tous ces acteurs qui ont œuvré à la réussite de la phase initiale et qui continuent d’œuvrer au renforcement de l’ancrage social de la planification familiale.
Les soins et services de planification familiale gratuits sont offerts dans toutes les formations sanitaires publiques, au niveau communautaire et dans les structures privées ayant une convention avec le ministère de la Santé pour la mise en œuvre de cette politique.
Romuald Dofini
Publié le 29-09-2020 dans Lefaso
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