Les voix du PO sur le COVID-19

Les voix du PO sur le COVID-19

Ces témoignages et citations ont été recueillis à partir des rapports des activités suivantes organisées par l’Unité de Coordination du Partenariat de Ouagadougou depuis l’apparition de la pandémie du coronavirus dans les pays du PO:

  • L’organisation d’enquêtes et entretiens préliminaires par questionnaire ont été réalisés auprès des points focaux des gouvernements, des directeurs nationaux de la santé de la mère et de l’enfant, des partenaires techniques de mise en œuvre des activités de planification familiale sur le terrain depuis Mars 2020;
  • La tenue de la réunion de concertation sur l’impact du CODIV-19 avec les points focaux gouvernementaux tenue le 16 Avril 2020;
  • La tenue de la réunion de concertation avec les points focaux des organisations de la société civile et points focaux jeunes tenue le 21 Avril 2020.

Voici quelques témoignages et citations recueillis auprès des participants :

1- En ce qui concerne les questions sur les produits contraceptifs, les risques de ruptures éventuelles et/ou de surstocks, distribution, chaîne d’approvisionnement des produits et services de SR.

Dr Agossou, Direction régionale de la Santé de la Mère et de l’Enfant DSME, Togo
« Les voitures du ministère seront toujours autorisées à circuler quel que soit le contexte de restriction. Pour lui, même si les villes sont fermées, les Directions Régionales de la santé et DPS peuvent voyager pour chercher les produits au niveau national. »

Dr Agbigbi, UNFPA Togo
« On peut aller servir une région quelles que soient les circonstances. »

Dr Ida Kagone Salou, Secrétaire Technique Chargé de l’Accélérations du Dividende Démographique du Ministre de la Santé du Burkina Faso
« Peut-être craindre un surstockage au regard de la fréquentation réduite des formations sanitaires. »

Ouedraogo Boureihiman, Directeur Exécutif de l’ABBEF
« La hausse persistante du coût des produits d’hygiènes et de protection ainsi que le matériel de lavage des mains dans les cliniques privées notamment la forte demande de consommables (Gants, désinfectants, antiseptique, compresse, serviette et masque) et qui entraîne une rupture temporaire desdits produits. La conséquence immédiate étant la désorganisation de la chaîne d’approvisionnement. »

Dr Harou Issoufa, Directeur de la planification familiale du Niger
« Si la situation épidémiologique perdure et se généralise au niveau de toutes les régions sanitaires du pays, il faut craindre une sous-utilisation au niveau des points de prestation qui seront de moins en moins fréquentés avec conséquemment un risque de surstock localement. Pour les produits dont la date de péremption est proche notamment le DMPA-SC 2021 (tôt janvier-février), il y a un risque élevé de péremption si le processus de délégation de tâche notamment aux ADBC n’est pas effective. »

Simplice Toe, Point Focal OSCn Burkina Faso
« Pour les préservatifs, il y a des commandes en cours qui ont dû être retardées du fait du COVID-19. »

2- En ce qui concerne la question de savoir si la PF fait partie du paquet de soins essentiels durant ces périodes de crise de CODIV-19 ?

Ouédraogo Boureihiman, Directeur Exécutif de L’ABBEF
« Il faut noter que le Ministère de la Santé du Burkina Faso à travers une note administrative du 30 mars 2020 a donné des directives claires pour la continuité des services de PF dans le contexte général actuel du CODIV-19. »

Nathalie Akissi, Point Focal OSC, Côte d’Ivoire
« Adoption par l’Etat d’un plan de gestion de la crise avec un accent sur les services de SR. Le plan est à la recherche de financement. »

3- Au niveau de la question est-ce que le niveau de demande diminue dans les centres de santé et hôpitaux ? Si oui, quelles en sont les raisons ?

Dr Yolland Andren, Directeur de la santé de la famille du Burkina Faso
« Le COVID-19 étant une maladie infectieuse avec tous les risques de contamination même si une étude plus approfondie permettra de mieux préciser cette raison de crainte. »

Ouédraogo Boureihiman, Directeur Exécutif de l’ABBEF
« Le niveau de la demande des services de PF est en nette augmentation mais compte tenu des mesures de prévention de la transmission du CODIV-19 en vigueur dans le pays la structure a été obligée de sélectionner journalièrement un flux maximum de 50 clients à prendre en charge tenant compte que le nombre de prestataires est réduit et l’espace disponible dans les locaux respectant les mesures de distanciation entre clientes. Les autres clientes sont reprogrammées pour le lendemain. »

4- Quelles informations les points focaux de la PF, partenaires de mise en œuvre aimeraient que soient portées à la connaissance des bailleurs de fonds ?

Dr Harou Issoufa, Directeur de la Planification Familiale en PF/MS Niger
« Je demande aux bailleurs de fonds l’assouplissement des procédures de décaissement rapide des fonds en situation de la pandémie de CODIV-19 et post-CODIV-19 pour la relance des activités de la planification familiale. »

5- Quel est l’impact actuel ou les prévisions d’impact sur la PF dans nos pays ?

Dr Agbigbi, UNFPA Togo
« Si la crise perdure encore pendant plus de 3 mois avec les mesures de distanciations sociales et la restriction de regroupement, les couvertures en PF vont diminuer de façon drastique. La particularité au niveau du Togo est que les stratégies novatrices contribuent à hauteur de 65% aux couvertures PF. »

Dr Yolland KI, Directeur de la santé de la famille du Burkina Faso
« Dans une perspective actuelle et/ou que la crise dure plus longtemps qu’espérer, une augmentation des grossesses non désirées et des avortements clandestins surtout au niveau des adolescents et jeunes et qui aura un impact sur le taux de mortalité maternel et infantile. »

Dr Ida Kagone/Salou, ST/AD Burkina Faso
« La PF n’est peut-être pas une priorité des plans de riposte, mais, il y a des initiatives qui tendent à rattraper ce manquement. »

Dr Ben Moulaye Idriss, Conseiller technique, chargé de la santé de la reproduction PF/MS Mali
« Une lettre a été signée par le ministre de la santé et adressée avec tous les partenaires pour le maintien et la continuité durant cette pandémie des programmes de santé de la reproduction, nutrition, vaccination et paludisme au vue du niveau préoccupant des indicateurs (Copie lettre ci-jointe). »

Dr Ben Moulaye, Conseiller Technique Spécial PF/MS Mali
« Il y a des activités de sensibilisation pour briser les mythes et fausses croyances sur le COVID-19, car la population ne croit pas au COVID-19, qui dit que c’est une maladie qui ne s’attaque pas aux pauvres et aux noirs. »

Dr Abram Agossou, Directeur DSMEn Togo
« Les journées portes ouvertes produisent l’essentiels des résultats annuels du pays en PF. Elles seront étendues sur trois semaines au lieu d’une en raison des mesures de restriction et de distanciation. En outre, s’il n’y a pas de mesures novatrices permettant de continuer les journées portes ouvertes, la PF sera fortement impactée. »

Simplice Toe, Point Focal OSCn Burkina Faso
« Avec les mesures restrictives dont le couvre-feu, si rien n’est fait, dans quelques mois on aura un boom en termes de natalité. »

Mamoutou Diabaté, Point Focal OSC Mali
« Jusque-là, il y a des gens qui ne croient pas au COVID-19 au Mali. Les hôpitaux sont presque vides à Bamako, les populations pensent que c’est en allant à l’hôpital qu’elles peuvent attraper le virus. Même certains malades qui étaient dans les hôpitaux ont fini par abandonner.« 

Sorofing Traore, Point Focal jeune Mali
« Au ministère de la santé la priorité n’est pas la PF même au niveau des jeunes il y’a une baisse des activités.« 

Héloise Adandogou, Point Focal jeune Togo
« Pour le moment les besoins sont satisfaits mais dans les semaines à venir ce serait un problème de subsistance, on est en train de voir comment parer à ce problème en rassurant les clientes. Avec la fermeture des écoles s’il n’y a pas de sensibilisation il faut s’attendre aux grossesses non désirées et avortement à risques. »

Ayathe Ayeva, Point Focal OSC Togo
« Avec ce COVID-19 je suis sûr que nous allons sortir avec de nombreuse grossesses en milieux scolaire, mais si nous travaillons ensemble et partageons les différentes stratégies dans nos pays nous pouvons freiner ce défis. »

Diedia Camara, Point Focal jeune Mauritanie
« Les gens ont des priorités et les priorités c’est bien manger.« 

Nathalie Akissi, Point Focal OSC Côte d’Ivoire
« Il y a des rumeurs sur le COVID-19 et des gens ne croient pas au COVID-19. »

6- Les violences basées sur le genre : y a t-il des cas qui ont été reportés ? est ce qu’il y a une crainte de recrudescence des cas de violences basées sur le genre dans la situation actuelle de confinement des populations à domicile ?

Hamed Dieyen, Point Focal OSC Sénégal
« Aujourd’hui avec les dispositions sécuritaires prises par l’État, ce phénomène se fait rare, on note moins de violences basées sur le genre. »

Simplice Toe, Point Focal OSCn Burkina Faso
« On entend parler dans les médias et certaines radios mais pour le moment il n’y a pas de cas rapporté. »

7- Initiatives de la société civile pour faire face à la menace (plaidoyer en termes de financement, continuité des services de PF/communication pour le changement de comportement)

Mamoutou Diabaté, PF OSC Mali
« Un plan de riposte de la société civile est développé avec une note conceptuelle à soumettre à l’ambassade des Pays Bas (Une rencontre été organisée avec le Ministre afin qu’il soutienne la note conceptuelle auprès de l’ambassade des Pays Bas). »

Hamed Dieyen, Point Focal OSC Sénégal
« Call to action en préparation : avec les organisations de la société civile jeune pour montrer les urgences d’intervenir sur la PF. »

8- Contribution des jeunes pour faire face au COVID-19

Simplice Toe, Point Focal OSCn Burkina Faso
« Mise en place du Bataillon 2020 par le Ministère de la Jeunesse pour répondre au COVID-19. »

Viviane Kouamé, Point Focal jeune Côte d’Ivoire
« Plan de riposte au niveau national géré par le ministère de la jeunesse axé autour du COVID-19. »

Mika Ouedraogo, Point Focal jeune, Burkina Faso
« Les jeunes ambassadeurs- BURCASO à travers le projet Billi Now Now ont élaboré un projet pour soumission au mécanisme de riposte rapide de FP2020 en guise de réponse des jeunes contre le CO-VID-19 et son impact sur la SRAJ. »

9- En ce qui concerne les besoins d’appui des pays du PO

Dr Ida Kagoné, ST/AD Burkina Faso
« Pour les informations basées sur des évidences. Si on n’a pas d’information, ce sera difficile de mener le plaidoyer. Il nous faut plus de données et évidences pour étoffer notre argumentaire et faire de la PF une priorité dans cette riposte à la pandémie du COVID-19. »