Indice du Capital Humain 2020: le Bénin Classé 147è Sur 174 Pays

Dans une publication en date du 16 septembre 2020, la Banque Mondiale a rendu public, le classement des pays suivant l’Indice du Capital Humain. Un classement qui n’est guère favorable au Bénin, classé 147e sur 174 pays dans l’indice annuel du capital humain (HCI 2020). La Banque mondiale se préoccupe, par ailleurs, des conséquences de la pandémie de la COVID-19 sur les progrès en santé et en éducation.

Le Bénin se retrouve 147e sur 174 pays dans l’indice annuel du capital humain (HCI 2020) de la Banque Mondiale. Selon les données, le Bénin affiche un indice de 0,40. Faut-il le souligner, cet indice comprend des données sur la santé et l’éducation collectées jusqu’en mars 2020. Une position pas du tout confortable pour le Bénin, malgré des réformes amorcées par le gouvernement.

De la publication de la Banque Mondiale, il ressort que la probabilité de survie jusqu’à l’âge de 5 ans est de 0,91. Le taux de survie des adultes est de 0,77 (77 %). Le nombre d’années d’école prévues est de 9,2 et le nombre d’années d’école ajustées en fonction de l’apprentissage établi à 5,7. L’indice global pour 42 pays en Afrique subsaharienne s’affiche à 0,40, selon ledit rapport.

L’Indice de Capital Humain 2020 du Groupe de la Banque Mondiale est construit à partir de données de santé et d’éducation collectées jusqu’en mars 2020 dans 174 pays qui représentent 98 % de la population mondiale. Il dresse ainsi un bilan de référence sur la situation sanitaire et éducative des enfants avant la survenue de la pandémie. Jusqu’à cette date, la plupart des pays avaient fait des progrès constants et particulièrement marqués dans les pays à faible revenu pour renforcer le capital humain des enfants.

Pour autant, et avant que les effets de la pandémie ne se fassent sentir, un enfant né dans un pays type ne pouvait espérer atteindre que 56 % de son niveau de capital humain potentiel par rapport à un enfant ayant bénéficié de services d’éducation et de santé complets, précise la Banque Mondiale.

Par ailleurs, selon l’institution, “la pandémie de la COVID-19 menace de réduire à néant les progrès durement obtenus au cours de la dernière décennie sur le plan de la santé et de l’éducation, surtout dans les pays les plus pauvres“. Les investissements dans le capital humain, la santé, les connaissances et les compétences accumulées tout au long d’une vie sont déterminants pour libérer le potentiel de chaque enfant et améliorer les performances économiques des pays, alerte la Banque Mondiale.

Et de préciser “du fait de la pandémie, la plupart des enfants dans le monde, plus d’un milliard ont été privés d’école et pourraient, potentiellement, perdre en moyenne une demi-année de scolarité, compte tenu de l’apprentissage, avec en perspective un manque à gagner considérable. Les données révèlent aussi les profondes perturbations dans les services de santé essentiels destinés aux femmes et aux enfants, un grand nombre d’entre eux n’ayant pas reçu les vaccins nécessaires“.

De l’analyse, il ressort qu’en moyenne, les filles obtiennent de meilleurs résultats en termes de capital humain que les garçons. Seulement, cette évolution ne se traduit pas encore par des possibilités comparables d’exploiter ce capital humain sur les marchés du travail. Ainsi, en moyenne, le taux d’emploi des femmes est inférieur de 20 points de pourcentage à celui des hommes, avec des écarts plus importants dans de nombreux pays et régions, selon la Banque Mondiale.

En outre, la pandémie exacerbe les risques de violences à l’encontre des femmes, de mariages précoces et de grossesses adolescentes autant de facteurs qui limitent les perspectives d’apprentissage et d’autonomisation des femmes et des filles. À l’heure actuelle, de nombreux pays risquent de voir disparaître les gains durement acquis sur le plan du capital humain. Mais au-delà des efforts consentis pour rattraper le temps perdu, les gouvernements doivent s’employer à préserver et étendre les gains antérieurs en améliorant la couverture sanitaire et la qualité des soins dans les communautés marginalisées, en stimulant les résultats d’apprentissage en plus de la scolarisation et en soutenant les familles fragiles par des mesures de protection sociale adaptées à l’ampleur de la crise, précise l’institution.

Des actions fortes pour sauver les meubles…

Face à la situation, le Groupe de la Banque Mondiale entend renforcer ses interventions afin de maintenir les progrès et réaliser davantage de prouesses. Entre autres activités,

  • le soutien à l’achat d’équipements médicaux vitaux en Éthiopie, en Haïti et en Mongolie ;
  • l’appui à l’introduction de protocoles de sécurité et d’hygiène dans les écoles et collaboration avec les équipes en charge de l’alimentation en eau, de l’assainissement et de l’hygiène pour distribuer des fournitures de base au Bangladesh, au Burkina Faso et au Népal ;
  • soutien à la création de contenus télévisés et numériques pour assurer un apprentissage et un enseignement mixtes lors de la prochaine rentrée scolaire, parallèlement à des cours de rattrapage et des services de conseils psychosociaux ;
  • soutien au projet pour l’autonomisation des femmes et le dividende démographique au Sahel (SWEDD), dans le but d’installer des conditions propices à travers des programmes de maintien des filles à l’école, de développement des débouchés économiques et d’accès à des services de santé de la reproduction de qualité ;
  • l’appui à l’Inde pour étendre immédiatement les programmes de transferts monétaires et d’aide alimentaire afin d’offrir une protection sociale aux travailleurs essentiels participant à la lutte contre le coronavirus ainsi qu’aux groupes vulnérables, en particulier les migrants et les travailleurs du secteur informel, très exposés au risque d’exclusion.

Publié le 23-09-2020 dans Matin Libre