La Planification Familiale : L’autre solution à l’épanouissement de la femme

La planification familiale, telle que définie par l’Organisation mondiale de la santé (OMS), est une manière de vivre que des individus et des couples adoptent de leur propre volonté en se basant sur des connaissances précises, des attitudes et des décisions réfléchies afin d’améliorer l’état de santé et le bien être du groupe familial et par conséquent de contribuer efficacement au développement social du pays. A Koudougou, elles sont plus d’une a avoir opté pour une méthode de contraception. Conséquence, elles et leurs familles sont épanouies. La preuve !

Jacqueline Zarton67160ONGO est gérante d’une quincaillerie dans la ville de Koudougou. Habitante du quartier Burkina, elle est mariée et mère de 3 enfants. Après sa deuxième grossesse, elle a opté pour la planification familiale de concert avec son époux. Vêtue d’un complet pagne rouge bordeaux, dame Jacqueline est assise sur une chaise dans les locaux de l’Association burkinabè pour le bien-être familial (ABBEF). Elle dit être venue pour des conseils supplémentaires à la clinique de ladite association. Sourire aux lèvres, elle laisse entendre que le Norplan est sa méthode choisie lorsque nous l’accostons dans la matinée du mercredi. « Depuis que j’ai placé le norplan, j’ai constaté une nette amélioration dans ma vie ; je suis en bonne santé, je contrôle mieux ma maternité et mes enfants sont également bien épanouis », s’exclame  Mme Zongo à la question de comprendre les fondements de son choix. Elle confie avoir plus de temps pour vaquer à son commerce. De ses aveux, il ressort que c’est après des conseils d’une de ses amies qu’elle a choisi de planifier. Ainsi, elle a mis quatre ans pour retomber enceinte. « Mes enfants sont grands et je travaille sans problème maintenant », se réjouit-elle. Avant d’ajouter : « Dire que le planning familial comporte des inconvénients, n’est pas de mon avis, il suffit juste de se faire suivre régulièrement par un agent de santé ».

Comme Jacqueline ZONGO, Nadège BAZIE est mère de trois gosses. Institutrice de son état, la trentaine révolue, elle a décidé de ne plus enfanter. Ses raisons sont simples : « assurer une bonne santé aux enfants, leur offrir une éducation de qualité et un avenir meilleur ». Sa méthode choisie est l’injectable. De son opinion, avec la cherté du coût de la vie, trois rejetons sont largement suffisants. « La planification familiale me permet de me maintenir en forme et augmente mon espérance de vie. Elle m’épargne des grossesses à risque », soutient Mme BAZIE tout sourire. Elle nourrit l’ambition de faire une bonne carrière dans sa profession d’enseignante. « Les maternités à répétition riment avec congés. Si je suis chaque fois au repos, je ne pourrai pas exceller. Alors qu’avec le planning, mon premier enfant s’occupe de son petit frère et je vaque librement à mes occupations », explique l’institutrice.

25 à 30 femmes par jour aux activités de sensibilisation.

doye_eric-233c3Monsieur X (nous le nommons ainsi puisqu’il a requis l’anonymat), partage l’avis de Nadège BAZIE. Il avoue être marié et père de trois enfants. Pour lui, son épouse, une institutrice également, a besoin d’accomplir son devoir professionnel. « Entre la première, le deuxième et la troisième, il y a respectivement 4 ans d’écart. C’est un choix délibéré pour qu’elle puisse se consacrer à sa profession. Même si elle ne le dit pas suffisamment je pense qu’elle est suffisamment épanouie », témoigne cet homme âgé d’environ quarante ans.

La planification familiale est comprise de la population de Koudougou, du moins de celles qui fréquentent l’Association burkinabè pour le bien être familial (ABBEF). Selon la sage-femme de la clinique de l’association, Marie Brigitte BAYILI, 25 à 30 femmes fréquentent le centre par jour. Les méthodes de contraception offertes sont la méthode hormonale (les pilules, les injectables, le norplan et le dispositif intra-utérine), méthode naturelle (le collier, MAMA, glaire cervicale) et les méthodes mécaniques (le condom féminin et masculin. « Les méthodes les plus prisées par les femmes sont les injectables, discrètes et efficace à 98%. » indique la sage-femme. En vue de vulgariser la planification familiale, poursuit-elle, le centre mène des actions de sensibilisation dans les villages situés aux alentours de Koudougou.

15% de la prévalence contraceptive sur le plan national.

La direction de la santé de la familiale (DSF), des dires de Azara YONLI, a pour mission de concevoir, coordonner, suivre et évaluer la mise en œuvre des programmes visant à la réduction de la mortalité maternelle, infanto-juvénile y compris la planification familiale. Egalement, elle apporte un appui technique aux structures en matière de santé de la reproduction. Comparativement à l’année 2003 où le taux était de 9% selon l’enquête, la DSF a connu une amélioration conséquente de la prévalence contraceptive qui est de 15% sur le plan national. L’objectif majeur, selon elle, est d’atteindre 25% d’ici la fin du plan de relance 2011-2015. Pour réussir ce pari combien impératif pour le Burkina Faso dans sa quête de maitrise démographique et de réduction des décès maternels et infantiles, des actions innovatrices ont été engagées par l’Etat burkinabè. De l’explication de dame YONLI il s’agit entre autres de : « la ligne budgétaire pour l’achat des produits contraceptifs, l’introduction du Depo-provera sous-cutané, le partenariat avec le secteur privé, l’implication des hommes et la surveillance régulière et active de la disponibilité des produits contraceptifs ».

En vue de rompre avec la rumeur qui tourne autour de la planification familiale (PF), des dires du chef de service de l’éducation pour la santé, Eric DOYE, la direction de la promotion de la santé (DPS) s’est donnée pour gage de donner la juste information aux populations.

« La planification familiale contrairement à ce que les gens pensent, n’est pas une limitation des naissances mais un moyen de faire les enfants au moment voulu en suivant un certain nombre de choses selon ses propres capacités et selon l’état de santé de la mère » a souligné M. Doyé, avant de poursuivre, « les réticences de la part des hommes constituent un frein à l’expansion du PF. J’invite, de ce fait, les hommes et les adeptes de la religion musulmane ou catholique, à être plus réceptifs ».

Aïssata Laure G. Sidibé

Lefaso.net