Les adolescentes face à la contraception : La nécessité d’un choix judicieux

Une contraception ne se choisit pas de la même manière si l’on est adolescente, jeune mère ou à l’approche de la ménopause. A chaque âge, à chaque type de sexualité, sa stratégie. Le choix doit permettre le meilleur compromis possible entre efficacité, sécurité et simplicité surtout quand il s’agit des adolescentes.

Pilule, implant, stérilet, préservatif… Aujourd’hui, il existe de nombreuses méthodes pour éviter une grossesse non désirée. Parce qu’avoir le choix en matière de contraception est essentiel, chaque femme peut ainsi trouver la contraception la plus adaptée à ses envies, ses besoins, sa situation médicale et son mode de vie.

A l’adolescence, on recommande la double protection: le préservatif et la pilule. L’utilisation de ces deux méthodes permet à la fois de lutter contre une grossesse non désirée, mais aussi prévenir les maladies sexuellement transmissibles (MST).

«J’ai opté pour la pilule depuis que j’ai commencé par tenir des rapports sexuels avec mon ‘’petit ami’’. Je ne veux pas gâcher mon avenir, je tiens à finir mes études, trouver un boulot avant de penser à une grossesse», a confié Falone A., élève en classe de terminale dans un collège privé de la place.

Huguette Salanon est étudiante en 1ere année de sociologie et est sous contraception depuis trois ans. De commun accord avec sa sœur ainée qui est sa tutrice, elle a opté pour la pilule pour être à l’abri d’une grossesse non désirée sur les bancs.

«Quand vous avez un tuteur compréhensible, vous pouvez lui faire part de votre désir d’adopter une méthode contraceptive sans inquiétude. Je l’ai essayé et ça marche», nous a-t-elle confié.

Comme cette élève, nombreuse sont les adolescentes qui ont compris la nécessité d’opérer un choix en ce qui concerne les méthodes contraceptives afin de se protéger et d’aller loin dans leurs études.

En effet, la contraception orale ou la pilule semble en effet, la meilleure méthode contraceptive pour les jeunes filles, qui doivent pouvoir bénéficier d’une contraception très efficace, car leur fertilité est optimale, et qui ont très peu de risque de complications sous pilule.

En ce qui concerne le risque de grossesse : si, en théorie, le préservatif est un contraceptif très efficace, en pratique les accidents liés à son mauvais emploi peuvent survenir: mal mis, mal lubrifié ou endommagé lors de la découpe de l’emballage, un préservatif peut se déchirer.

Du coup, en cas d’accident, le fait d’avoir une autre méthode contraceptive protégera du risque de grossesse. Aussi, en plus d’être un moyen de contraception en tant que tel, le préservatif protège des infections sexuellement transmissibles comme le VIH-sida ou l’hépatite B.

Contraception, quand les parents s’y opposent…

Le drame, c’est quand les parents ou tuteurs opposent une résistance farouche à l’utilisation de la contraception. Non seulement cela les éloigne de leur fille qui préfère se faire conseillé par d’autres femmes ou même des camarades qui ne sont pas toujours en mesure de leur apporter la vraie information.

«Je ne suis pas pour les méthodes contraceptives, c’est pour les femmes au foyer et non les jeunes filles encore moins les adolescentes», exprime maman Titilayo, vendeuse de bouillie à Agla.

Pour cette dame, il n’est point question que sa fille y touche avant de se marier. Pendant ce temps, sa fille s’en procure discrètement sans avoir le courage de lui en parler.

«Le jour où mes parents apprendront que je suis sous contraception, ils me mettront dehors, ils seront très furieux et rien ne pourra apaiser leur colère. C’est pourquoi je fais attention au pas que je pose», explique une adolescente qui a requis l’anonymat.

En matière de contraception, l’information circule mal, les rumeurs grossissent. Les idées reçues se propagent. Ce qui n’aide ni les adolescentes ni les parents.

Dorice DJETON

Publié le 20-02-2019 dans Bénin 24 Television