Les normes sociales plombent la Planification Familiale au Bénin

En fin de séjour au Bénin, les bailleurs du Partenariat de Ouagadougou (PO) étaient dans l’après-midi du vendredi 02 juin 2017 face à la presse. Objectif, faire le point de leur mission. La séance s’est déroulée au ministère de santé en présence des cadres impliqués dans la PF et du Ministre de la Santé Dr Alassane Séidou.

Les bailleurs du Partenariat de Ouagadougou, après le Niger et le Burkina-Faso, étaient en visite de travail au Bénin du 31 mai au 02 juin 2017. Ce voyage des experts s’inscrit dans le cadre de la caravane du mouvement initiée, il y a 3 ans, par les bailleurs pour le repositionnement de la Planification Familiale (PF) dans les 9 pays signataires du partenariat ( Bénin, Burkina-Faso, Côte d’Ivoire, Guinée, Mali, Mauritanie, Niger, Sénégal et Togo).

Au cours des 4 jours de leur séjour à Cotonou, les experts ont échangé avec tous les acteurs nationaux impliqués dans la Santé de Reproduction et de la Planification Familiale (SR/PF). Il s’agit, entre autres, des responsables et cadres du ministère de la santé, la jeunesse et les organisations de la société civiles (OSC). Pour la présidente de l’Unité de Coordination du Partenariat de Ouagadougou (UCPO), Fatimata Sy, les échanges ont portés sur les avancées et succès fait par le Bénin pour promouvoir la PF, mais également sur les difficultés et les goulots d’étranglements rencontrés dans le processus de repositionnement de cet important outil de développement. A ce niveau, il y a un engagement ferme du Bénin à faire de la Pf un pilier du dividende démographique se réjouit la présidente de l’UCPO.

Toutefois, en faisant allusion aux normes sociales qui plombent encore le décollage de la planification familiale au plan national, Fatimata Sy a souligné que des efforts restent à faire afin de mettre à l’échelle les initiatives porteuses du pays.

Les questions relatives à la disponibilité des intrants dans les structures et les politiques de financements de la PF tant au niveau interne qu’externe ont été aussi abordées lors des discussions. Pour surmonter ces difficultés, la spécialiste préconise une utilisation judicieuse des financements existants dans l’atteinte des objectifs fixés dans le plan d’action national et l’engagement du Bénin.

Pour le ministre de la santé Dr Alassane Séidou, même si la présidente de l’UCPO se dit satisfaite des progrès notés, le Bénin doit travailler davantage pour que sa population ait une taille raisonnable. Pour y arriver, déclare le ministre

« Nous devons informer, sensibiliser tous les acteurs impliqués dans la promotion de la PF pour une meilleure mobilisation des ressources locales et externes ».

Mieux, il est temps que le Bénin se prenne en charge pour nourrir, soigner et éduquer ses enfants, a-t-il conclu après avoir remercié les bailleurs qui financent la PF et les membres de la caravane qui ont fait le déplacement de Cotonou.


Le Partenariat de Ouagadougou a été lancé lors de la Conférence Régionale sur la Population, le Développement et la Planification Familiale tenue à Ouagadougou au Burkina Faso en février 2011.Ce lancement a été fait par les 9 gouvernements des pays francophones de l’Afrique de l’Ouest et leurs partenaires techniques et financiers pour accélérer les progrès dans l’utilisation des services de planification familiale au Bénin, Burkina-Faso, Côte d’Ivoire, Guinée, Mali, Mauritanie, Niger, Sénégal et Togo.

Juliette MITONHOUN

24heures au Bénin