Les pays du Partenariat de Ouagadougou se mobilisent pour le Forum Génération Egalité

Du 30 juin au 02 juillet s’est tenu le Forum Génération Egalité (FGE) organisé par ONU Femmes et co-présidé par la France et le Mexique en partenariat avec la société civile. Ce rassemblement mondial visait à « Accélérer les progrès en matière d’égalité entre les femmes et les hommes d’ici 2030 » dans tous les domaines y compris les Droits et la Santé Sexuelle et Reproductive (DSSR). Les pays du Partenariat de Ouagadougou, ont marqué leur participation à cet élan international par l’élaboration d’engagements communs régionaux, l’organisation d’un forum local au Burkina Faso et la tenue d’une table ronde au Niger. 

Des engagements régionaux pour des pays du PO

A l’occasion du Forum Génération Egalité, six pays du Partenariat de Ouagadougou, se sont mobilisés sous l’impulsion du Burkina Faso, co-leader de la coalition d’action « Autonomie corporelle et droits en matière de santé sexuelle et reproductive » pour élaborer des engagements communs. Le Bénin, le Burkina Faso, la Guinée, le Mali, le Niger et le Togo à travers un processus inclusif, à plusieurs étapes, ont allié leurs forces pour définir des engagements régionaux ambitieux et concrets. 

Au total, huit engagements portant entre autres sur l’éducation à la vie familiale, la coordination des actions, l’allocation des ressources en faveur de la santé, la promotion du dialogue social inclusif national sur l’abandon des violences basées sur le genre, l’amélioration de l’accès des jeunes aux services de SR/PF ont été pris et présentés par le Pr Charlemagne Ouédraogo, Ministre de la Santé du Burkina Faso lors du FGE qui s’est tenu à Paris. 

Les engagements sous-régionaux

  1. Intégrer l’Education à la Vie Familiale (EVF), y compris la gestion de l’hygiène des menstrues, dans les programmes d’enseignement (primaire, post-primaire et secondaire), les espaces sûrs, les centres et les écoles professionnelles d’enseignement d’ici 2030 ;
  2. Assurer la gratuité des soins chez les enfants de moins de 5 ans et chez les femmes enceintes, au cours des accouchements (jusqu’au 42è jour du post partum) y compris les soins après avortements, le dépistage des cancers féminins, la prise en charge des lésions précancéreuses du col en intégrant les fistules, les prolapsus et l’interruption sécurisée de la grossesse selon la loi jusqu’en 2030 ;
  3. Redynamiser 100% des centres de santé scolaires et universitaires conviviaux, en rendant disponibles les services de santé sexuelle et de la reproduction de qualité adaptés aux besoins des adolescent(e)s et des jeunes d’ici à 2026 ;
  4. Renforcer de manière systématique les unités de soins intégrés dans les lieux de concentration humaine lors des situations humanitaires et fragiles dès 2022 ;
  5. Renforcer le cadre juridique en faveur de la lutte contre le mariage d’enfants en fixant l’âge au premier mariage à 18 ans aussi bien pour les filles que les garçons par la mise en place ou la relecture du code des personnes et de la famille d’ici à fin 2026 ;
  6. Promouvoir le dialogue social inclusif national sur l’abandon des violences basées sur le genre (y compris les mutilations génitales féminines et le mariage d’enfants) par les canaux traditionnels de concertation en vue de l’adhésion d’au moins 70% des leaders d’opinion influent(e)s d’ici à 2022 et poursuivre la répression à travers les audiences foraines et le renforcement des capacités des acteurs des juridictions existantes pour la prise en charge des filles et des femmes victimes de violence ;
  7. Poursuivre les efforts d’allocation des ressources budgétaires au secteur de la santé en vue d’atteindre 15% conformément aux engagements régionaux et internationaux y relatifs d’ici à 2026 ;
  8. Rehausser l’ancrage institutionnel de la Santé Sexuelle et Reproductive y compris la planification familiale en vue d’assurer une coordination inter et intra sectorielle efficace des interventions par la mise en place de plate-forme réunissant les ministères, les institutions de recherches et les partenaires techniques et financiers d’ici à 2026.

Ces engagements ont été salués par la communauté sous-régionale, internationale et témoignent des efforts fournis par les pays en vue de faire avancer l’agenda pour l’égalité femmes-hommes. Ils démontrent aussi l’importance accordée aux actions mises en œuvre de manière commune par les pays membres du Partenariat de Ouagadougou afin de porter plus haut leurs besoins, acquis et perspectives en matière de santé. 

Un forum local au Burkina Faso

En marge de l’événement mondial du Forum Génération Egalité, le Burkina Faso sous l’égide de Madame Sika Kaboré, Première Dame du Faso, a organisé au niveau local un forum qui a duré 03 jours. Des délégations de la Guinée et du Mali, ont pris part à cet important événement.  La manifestation a été jalonnée par la tenue de cinq panels sur différentes thématiques ainsi que le suivi par visioconférence de l’intervention de certaines coalitions d’action.  Les panels ont porté entre autres sur le partage d’expériences en matière de DSSR dans la sous-région Afrique francophone ; les défis et enjeux des DSSR chez les jeunes et les adolescents ; les actions menées par les ministères sectoriels pour l’amélioration des DSSR et les perspectives. Un des points forts a été la synchronisation avec l’ensemble des différentes régions du Burkina Faso qui ont pu participer en direct aux panels et poser leurs questions. 

Une table ronde au Niger organisé par l’UCPO

Depuis 10 ans, le Partenariat de Ouagadougou (PO) et ses parties prenantes œuvrent pour l’égalité Femme-Homme à travers la promotion de l’accès équitable et sans discrimination aux services de santé de la reproduction. Cette vision qui a aussi comme finalité une autonomisation des femmes pour un développement durable a conduit l’Unité de Coordination du Partenariat de Ouagadougou (UCPO) à tenir une table ronde au Niger sur la thématique ‘Autonomisation et Droits des Femmes’. Cette table ronde de haut niveau a été présidée par le Ministre de la Santé du Niger Dr Illiassou Mainassara avec la participation de l’Ambassadeur de France, de l’Ambassadrice du Royaume-Uni, de la Cheffe de Mission de l’USAID et de la Directrice de l’UCPO. La table ronde, s’est voulue inclusive abordant non seulement la planification familiale mais aussi les thématiques connexes qui affectent la vie des femmes et des filles au Niger et plus globalement dans la sous-région. Elle a de ce fait, accueilli d’éminents acteurs de la Société Civile œuvrant dans différents secteurs dont l’éducation, la lutte contre les violences basées sur le genre, la justice, la religion. Au cours de la table ronde, deux panels ont été tenus, le premier portant sur l’autonomisation de la femme en abordant des aspects tels que le leadership féminin, l’entreprenariat féminin, l’éducation des filles, la paix et sécurité. Le second panel a quant à lui, été consacré à l’Egalité Femme – Homme et y ont été discutés l’activisme féminin face aux VBG, le rôle des religieux dans la définition des normes sociales et le cadre juridique/ protection sociale de la Femme. Autant de discussions qui ont permis non seulement d’apprécier les chemins parcourus dans ces différentes luttes et les progrès accomplis, de partager les expériences mais surtout de mettre en exergue les difficultés rencontrées et les entraves à l’atteinte de l’égalité femme-homme tels que les vides juridiques autour de la protection de la femme, la faible application des lois, les problèmes de leadership entre les associations féministes, la mauvaise interprétation des textes religieux ou encore la faible scolarisation de la jeune fille. 

En plus de dénoncer les difficultés, les panels ont surtout été l’occasion de mettre en avant les solutions à envisager pour réduire ces inégalités. Des plaidoyers ont été faits par les panélistes à l’endroit des parties prenantes (gouvernements, partenaires techniques et financiers, OSC) afin qu’ils mettent la priorité sur l’éducation de la jeune fille, encouragent l’entreprenariat féminin, accélèrent la mise en place des systèmes qui facilitent la prise en charge des cas de VBG, facilitent le dialogue dans les communautés sur la place de la femme dans la société afin de  construire une société plus inclusive et où les femmes sont autonomes et jouissent pleinement de leurs droits notamment en matière de  santé de la reproduction. 

Le Partenariat de Ouagadougou, à travers l’UCPO félicite l’ensemble des acteurs œuvrant dans ses pays pour leurs efforts soutenus pour améliorer les conditions des populations en mettant l’emphase sur les jeunes, les femmes et les filles.

Co-auteurs : 

Fatim Nikièma Traoré – Chargée de liaison pays, UCPO

Aminata Diouf – Coordinatrice de programme, UCPO 

Norbert Coulibaly – Senior Technical Manager, UCPO