Mamoutou Diabate, Président de la coalition régionale des OSC/PF du PO «Un résultat impressionnant»

Au nom de la coalition régionale des organisations de la société civile sur la PF des pays du PO, Mamoutou Diabaté tire le bilan de 2018 et revient sur le retard accusé par son pays, le Mali.

Nous sommes à la 7ème rencontre annuelle des pays du Partenariat de Ouagadougou, quel bilan tirez-vous de 2018 ?

En Guinée, l’année dernière, nous avions mis en place un plan d’action au cours d’une assemblée générale. Ce plan avait retenu huit activités, mais seulement cinq ont pu être réalisées. Le premier est un atelier sur la Motion Traker qui était une initiative prise en 2015 à Dakar. C’était un atelier inter pays d’Intrahealth pour définir la contribution de la société civile dans l’atteinte des indicateurs du PO. Nous nous sommes imprégnés de l’expérience de l’Ouganda sur la désagrégation des indicateurs.

Les coalitions des 9 pays du PO ont pris part à la formation ainsi que les différents points focaux des ministères de la santé et des partenaires techniques et financiers. Après la formation, chaque pays doit proposer trois ONGs et en retenir une pour porter le Motion Tracker. Les sélections sont en cours à l’UCPO.

La deuxième activité était axée sur le renforcement du réseautage qui est un espace d’échange, d’apprentissage et de redevabilité. C’est dans ce cadre que nous avons créé un consortium regroupant le Mali, la Guinée, le Niger et le Burkina Faso. Ce qui nous a permis de mobiliser un fonds de plus de 177 millions de FCA.

Ensuite, nous avons formé les religieux à tous les niveaux afin qu’ils deviennent des pairs éducateurs sur la planification familiale. Enfin, la jeunesse a été organisée en une alliance dans tous les pays et une alliance régionale pour des activités de plaidoyer dans le but d’introduire l’éducation complète à la sexualité.

Nous avons aussi accompagné les religieux à s’organiser au sein d’une Alliance régionale, à réaliser des missions d’appui aux coalitions du Togo, de la Guinée, de la Côte d’Ivoire et de la Mauritanie.

Concernant le bilan de l’UCPO, comment voyez-vous les résultats ?

Le bilan est, en général, en une année, très impressionnant, même s’il y’a une disparité entre les pays. Mais l’essentiel était l’atteinte des objectifs fixés pour 2018. En effet, sur 443.000 nouvelles utilisatrices attendues, il y a eu 448.000. Des 9 pays du PO, seuls trois ont pu dépasser leur engagement.

Vous êtes aussi le président de la coalition des OSC/PF du Mali. Qu’est ce qui explique les faibles performances de ce pays ?

Il y a surtout le manque de volonté politique pour la mobilisation d’un budget spécifique à l’achat des produits contraceptifs. Le risque de ruptures de stocks des produits de longue durée dans certaines zones est réel. De plus, l’ancrage institutionnel de la PF n’est pas à hauteur de nos souhaits. Les autres pays ont des directions de la santé de la reproduction alors qu’au Mali, on en est encore à une division. Il faut aussi renforcer les capacités des prestataires dans l’offre de service destinée aux jeunes.

Fanta Diakité