Quels messages en faveur des droits secuels et reproductifs ?

Une vingtaine de journalistes suivent, depuis ce mercredi 12 octobre 2016 à Ouagadougou, une formation sur les droits sexuels et reproductifs. La formation de trois jours est coordonnée par l’Association des journalistes en population et développement (AJC/PD) et l’ABBEF, avec l’appui technique de Médecins du monde France (MDM-F).

Le Burkina connait une mortalité maternelle très élevée : 307 décès maternels pour 100.000 naissances vivantes. Parmi les causes connues, figurent en bonne place les avortements à risque. Selon l’OMS, les avortements contribuent pour 15 à 20% des cas de mortalité maternelle.

Pourtant, le pays a signé plusieurs accords internationaux et régionaux dans le but d’améliorer l’accès des femmes à des services de santé sexuelle et reproductive dont le protocole de Maputo. Mais, les avortements clandestins demeurent une triste réalité. « Des femmes continuent à mourir faute d’avoir accès à des services sûrs », renchérit Cécile W. Thiombiano de MDM-France.

Engagée dans la mise en œuvre des activités d’information, d’éducation par le travail média pour le respect des engagements par les politiques et le changement de comportement des populations, l’AJC/PD a initié un atelier de formation.

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Cet atelier de trois jours vise, selon les organisateurs, à augmenter les engagements des Hommes de médias dans la formulation de l’information « juste » et des messages en faveur des droits sexuels et reproductifs.

« Le changement social suppose d’abord la bonne information », reconnaît Sinaré Coulibaly, représentant le Coordonnateur de Médecins du monde France.

Il s’agira entre autres de présenter l’ampleur de la situation des grossesses non désirées ainsi que des avortements à risque au Burkina, présenter le régime juridique national sur l’avortement ainsi que les lois nationales et internationales en rapport avec les droits sexuels et reproductifs, faire une clarification des valeurs pour un meilleur accès sur ces droits au cours des émissions, reportages, etc.

L’un des objectifs importants également visés consiste à identifier des points focaux dans les différents médias qui s’engagent à accompagner l’information des populations. La formation sera principalement animée par Dr Tiemtoré Sibraogo (SOCOB, CHU Yalgado Ouédraogo), Dr Awa Sawadogo (ABBEF), Cécile W. Thiombiano (MDM-France) et Dr Sinaré Coulibaly (MDM-France).

Pour rappel, l’une des recommandations majeures issues de la 117e Session du Comité des droits de l’Homme de l’ONU tenue à Genève et publiées le 15 juillet dernier concernait les interruptions volontaires de grossesse et accès aux moyens de contraception au Burkina.

L’organe onusien s’était dit préoccupé par les conditions contraignantes pour accéder à l’avortement légal en cas de viol ou d’inceste, à savoir l’obtention d’une décision de justice reconnaissant l’infraction et un délai légal de 10 semaines pour pratiquer une interruption volontaire de grossesse.

Noufou KINDO