Des organisations plaident pour un « Investissement accru » des Députés en matière de Santé de Reproduction et de Planification Familiale

L’Association Burkinabè pour le Bien-Etre Familial (ABBEF) et six autres organisations de la société civile, intervenant dans le domaine sanitaire, ont initié, ce mardi 31 mai 2016, un atelier d’échange et de plaidoyer avec les députés de l’Assemblée nationale pour un « investissement plus accru » dans la santé de la reproduction et la planification familiale.

L’ABBEF et ses partenaires continuent de multiplier leurs actions, dans le cadre de leur campagne de communication intitulée « 1 000 000 de voix pour la santé sexuelle et de la reproduction et la planification ».

Face aux mandataires du peuple, ce mardi 31 mai 2016, la coalition dit être venue pour avoir des « alliés » au niveau des décideurs politiques afin « d’œuvrer ensemble à réunir les conditions pour un mieux-être de la population ».

Screen Shot 2016-06-24 at 12.55.53Pour le président national de l’ABBEF, représentant les sept organisations de la campagne, Zitibmi Albert YAMEOGO, l’engagement des députés, « par le fait même qu’ils sont au cœur de l’action gouvernementale et  du vote du budget » est un atout majeur pour parvenir à une sexualité maitrisée.

Au sortir de l’atelier, les sept OSC coalisées disent attendre des députés qu’ils s’investissent «de façon accrue» dans la question et qu’ils s’engagent pleinement « à accompagner l’action gouvernementale en l’autorisant à mettre un peu plus de ressources dans le domaine de la santé ».

Il faut maitriser la forte croissance humaine !

Dans son  allocution, le deuxième vice-président de l’Assemblée nationale (AN), Lona Charles OUATTARA qui présidait les travaux, a loué l’initiative, tout en mentionnant qu’elle constitue « d’une part une opportunité pour les députés de renforcer leurs capacités sur les enjeux de la croissance démographique et ses liens avec la santé et le développement et d’autre part  un cadre d’échange entre députés et acteurs de la société civile ».

Selon lui toujours, même si l’accroissement de la population est une « opportunité », il n’en demeure pas moins que, lorsqu’elle n’est pas maitrisée, elle représente « un handicap majeur au développement socio-économique ».

Or, le tableau des données démographiques actuelles du Burkina Faso est peu reluisant, a-t-il dit. Le taux de croissance annuelle est de l’ordre de 3,1%  et la prévalence contraceptive de 15%, selon les données de l’enquête démographique et de la santé (2010).

« L’insuffisance  d’information sur la santé sexuelle de la reproduction, la précocité des rapports sexuels, la faible utilisation des contraceptions, les grossesses non désirées surtout en milieu scolaire », sont, entre autres, causes de cet état de fait, a indiqué Lona Charles OUATTARA, non sans préciser que si des ressources ne sont pas consacrées à la santé de la reproduction, notamment la planification familiale, le pays devrait s’attendre à abriter  en 2050, 60 millions d’âmes au lieu de 32 millions.

Le partenaire PPG s’en félicite

Principal partenaire financier de l’ABBEF et les six OSC, depuis l’entame en janvier dernier de la campagne de communication, « 1 000 000 de voix pour la santé sexuelle et de la reproduction et la planification », la fédération américaine pour la planification familiale (Planned Parenthood Global  PPG) par la voix de sa représentante locale, Aminata Rabo, s’est réjoui, d’avoir accompagné l’initiative.

Selon la représentante, la série d’activités entreprises dont le plaidoyer du jour qui marque la fin de la campagne, s’est soldée par des résultats positifs.   De nombreuses réalisations ont été faites et s’inscrivent en droite ligne des objectifs de PPG qui travaille, depuis 40 ans, à assurer en Afrique une meilleure information des jeunes et des femmes sur les enjeux de la santé sexuelle et de reproduction.

Mamady ZANGO

Burkina24