Partenariat de Ouagadougou: Un instrument pour booster la PF en Afrique de l’Ouest Francophone

« Sensibiliser les médias sur le Partenariat de Ouagadougou ». C’est le thème de la rencontre sous régionale qui se tient depuis hier à l’Hotel Ngor Diarrama à Dakar au Sénégal.

Cette initiative est née à la suite de la conférence de Ouagadougou tenue en Février 2011 à Ouagadougou et a pour principal objectif d’aider les pays francophones de l’Afrique de l’Ouest à repositionner la Planification Familiale dans la région. Au cours d’une communication, la Directrice de l’Unité de Coordination de ce mouvement, Mme Fatimata Sy a expliqué les raisons qui sous tendent la création de ce mouvement.

Fatimata Sy, Directrice du P.O
Fatimata Sy, Directrice du P.O

Neuf pays composent le Partenariat de Ouagadougou. Il s’agit du Bénin, du Burkina Faso, de la Côte d’Ivoire, du Niger, du Mali, de la Mauritanie, de la Guinée Conakry, du Sénégal et du Togo. Selon les explications de Mme Fatimata Sy, plusieurs facteurs sont à la base de la mise sur pied de cette initiative au niveau de ce bloc francophone. Tout d’abord, dans le même espace géographique (Afrique de l’Ouest ou Afrique Subsaharienne), on constate que, contrairement aux pays anglophones, les francophones sont en retard par rapport à tous les indicateurs de santé. C’est également dans ce bloc des pays francophones qu’on enregistre le plus fort taux de mortalité maternelle, les plus fortes mortalités infanto-juvéniles, le faible taux de prévalence contraceptive et un fort indice de fécondité. Une autre étude réalisée par les partenaires techniques et financiers montre aussi que c’est ce même regroupement de pays qui bénéficiait le moins d’aide pour les questions de santé de la reproduction :

« Au moment où les pays anglophones bénéficiaient de 1,25$ par tête d’habitants pour les questions de santé de la reproduction et la planification familiale, les pays francophones avaient 0,85 $ » explique la directrice.

Autre facteur déterminant est la non atteinte des OMD en 2015 par certains pays appartenant à ce bloc, ceci après analyse des feuilles de route et les progrès réalisés jusque là. Et c’est justement dans le souci de les aider à rattraper ce retard et à accélérer la cadence qu’est née le partenariat qui aspire à mettre au moins 1 million de nouvelles femmes sous méthode contraceptive moderne dans la période allant de 2012 à 2015, d’où le slogan « L’urgence d’agir ».

Pour atteindre cet objectif, les gouvernements et les partenaires ont pris certains engagements. Les premiers se sont engagés entre autre à repositionner la PF sur le plan national et sous régional en l’intégrant dans les programmes de développement, à augmenter de 30 % les professionnels dédiés à la santé de la reproduction, à lever l’ancrage institutionnel de la PF et mettre en pratique les 3D (démédicalisation, décentralisation et démocratisation de la PF). Quant aux donateurs, ils ont promis jouer la carte de la complémentarité. Désormais, il y aura une synergie dans les financements afin d’éviter la dispersion de leurs efforts. Ils vont aussi aider les pays à renforcer leurs plans d’actions, à mobiliser des financements additionnels et à mettre en place des plateformes d’échanges entre partenaires ; un moyen d’échanger sur les meilleures pratiques et les progrès réalisés au niveau de chaque pays.

Un bilan prometteur……
Mme Fatimata Sy se dit satisfait de ce qui est fait depuis le lancement de l’initiative en 2011 : « Aujourd’hui, quand on parle de planification familiale, on sent un regain d’intérêt au niveau des Gouvernements et des Partenaires Techniques et Financiers. Nous pouvons citer l’exemple du Burkina Faso à travers la participation de la première dame, Mme Chantal Compaoré, au Sommet de Londres sur la PF oû elle a porté la voix de son pays et son engagement pour le FP 2020 ». Un autre exemple est celui du Niger qui considère désormais la PF comme une priorité et un moteur de développement. « Même si aujourd’hui on ne peut pas mesurer les acquis en terme d’indicateurs, le sursaut actuel et le regain d’intérêt autour de cette question est là ». Chaque pays a aussi transformé son plan d’actions en un plan d’accélération qui lui permet d’identifier et de concentrer les ressources financières sur des activités prioritaires qui auront des impacts positifs. Un comité de pilotage a été mis dans chaque ministère de la santé des 9 pays et comprend les représentants des donateurs, la société civile, les autres ministères …

Makeba TCHIBOZO
(Envoyé Spécial à Dakar)