Plaidoyer pour la Planification Familiale : L’ABBEF forme des leaders religieux et coutumiers

L’Association Burkinabè pour le Bien-Etre Familial (ABBEF) organise une session de formation au profit des « champions » en plaidoyer pour la planification familiale et en clarification des valeurs. L’atelier rassemble des leaders religieux et coutumiers venus de plusieurs régions du Burkina. La formation se tient à Ouagadougou du 21 au 25 novembre 2016. Il s’agira principalement de faire l’état des lieux en matière de santé sexuelle et reproductive au Burkina et outiller les participants afin qu’ils puissent mener à bien des activités de sensibilisation et de plaidoyer.

Plusieurs thématiques seront abordées durant les cinq jours. Les formateurs passeront en revue l’état des lieux des grossesses non désirées, des avortements clandestins, les droits sexuels et reproductifs au niveau national, les techniques de plaidoyer efficace.

A en croire Boureihiman Ouédraogo, le Directeur exécutif de l’ABBEF, malgré des efforts, la situation reste toujours alarmante. « Au Burkina, par jour, il y a au moins cinq femmes qui meurent en couches. Il est impensable que de nos jours une femme meurt en voulant donner la vie. Ça, c’est un élément qui doit nous interpeller tous. Autre élément, en 2012, le Burkina a enregistré 105 000 cas d’avortements clandestins. Il faut se demander pourquoi », estime le Directeur exécutif de l’ABBEF.

Le plaidoyer, un outil efficace…

Il explique ce phénomène par l’insuffisance de l’offre de services de planification familiale. Il y a également, selon lui, « des conceptions qui font que notamment les gens se refusent d’utiliser les services de PF même là où cela existe.

Donc il est important qu’on puisse agir pour rendre disponibles les services de planification familiale et travailler les mentalités des communautés pour que les uns et les autres acceptent et reconnaissent les avantages des services de PF ».

Boureihiman Ouédraogo, Directeur exécutif de l’ABBEF.
Boureihiman Ouédraogo, Directeur exécutif de l’ABBEF.

Il faut reconnaître que l’utilisation des services de santé sexuelle et reproductive (SSR) permet de favoriser les naissances, espacer les naissances, éviter les grossesses non désirées et réduire par ricochet la mortalité maternelle et infantile.

C’est ce qu’il faudrait retenir, selon Wendyam Kaboré, Vice-Présidente de l’ABBEF qui admet que le plaidoyer est un outil efficace pour influencer de manière efficiente les décideurs.

Et c’est cette conception qui réunit à Ouagadougou des leaders religieux et coutumiers, des personnes expérimentées et engagées pour défendre la planification familiale.

Ces personnes ressources sont venues des régions du Centre, Centre-Ouest, Centre-Est, Hauts-Bassins, Sahel. L’ABBEF a l’intention de couvrir l’ensemble des 13 régions du Burkina.

Encourager les influenceurs…

L’intérêt premier de cet atelier est « qu’il s’inscrit dans les politiques nationales de réduction de la mortalité maternelle et infantile. Il a été noté que l’un des facteurs qui empêchent l’utilisation des services de santé de la reproduction, c’est aussi les pesanteurs socio-culturelles », a expliqué Boureihiman Ouédraogo.

C’est pourquoi l’ABBEF, en partenariat avec PP Global a décidé de réunir ces leaders, des influenceurs, afin de leur expliquer le bienfondé de leur engagement et de leur accompagnement pour qu’effectivement les bienfaits de la santé reproductive soient connus, acceptés et utilisés par les communautés. L’activité rentre également dans le cadre du transfert de compétences au niveau des collectivités territoriales.

Pour rappel, pionnière des associations de développement communautaire au Burkina, l’ABBEF mène des actions de sensibilisation et de plaidoyer pour un environnement favorable à la SSR/PF notamment à travers la prise de lois, l’adoption et la mise en œuvre de politiques, de programmes, d’accords, de conventions et d’engagements souscrits par le gouvernement.

Noufou KINDO

Burkina 24