Planification familiale à Dakar : la parole est aux militants (Fatou Vanne)

Fatou Vanne, 60 ans, 4 enfants, sage-femme et coordinatrice en santé de la reproduction pour le district de Pikine.

Fatou-Vanne1Je me suis mariée une première fois à dix-sept ans et j’ai eu deux enfants. A l’époque, j’étais secrétaire, mais j’avais été très marquée par la sage-femme qui m’avait accouchée la première fois et j’ai décidé de devenir sage-femme moi aussi. Mon mari m’a beaucoup soutenue dans mes études, mais il est malheureusement mort en Chine.

Après mon deuxième mariage, j’ai eu deux garçons. Ma première affectation était dans une région très pauvre du pays. Il y avait un taux de grossesse et de mortalité maternelle et infantile énorme.

Ensuite, je suis venue à Dakar. La situation était meilleure, mais l’indice de fécondité était à plus de cinq enfants par couple. Au Sénégal, nous avons des mariages trop jeunes, des grossesses trop jeunes et trop âgées, trop rapprochées et trop nombreuses!

Nouvelles ici, les notions d’épanouissement sexuel, d’intimité, de bien-être du couple sont de plus en plus populaires… Je suis toujours sage-femme, même si je m’approche de la retraite. D’ailleurs, l’un des derniers accouchements que j’ai pratiqué, c’est celui de ma fille il y a six mois.

ELLE