Planification familiale à Dakar : la parole est aux militants (Moussé Fall)

Moussé Fall, 32 ans, imam, coordinateur adjoint du Réseau Islam et Population au Sénégal.

Mousse-Fall1A l’origine, les imams sénégalais étaient méfiants à l’égard de la planification familiale. Ils y voyaient un projet néocolonialiste occidental, une conspiration contre le développement de notre population. Notre président, Tahir Fall, se souvient d’avoir été interpellé il y a une dizaine d’années par un médecin qui lui a dit qu’il faisait des erreurs dans son discours anti-planification familiale. Après lecture et réflexion, il a compris que l’islam était compatible avec un espacement des naissances, voire qu’il le prônait. Son changement de point de vue est représentatif de celui d’une majorité des chefs religieux locaux.

Pour ma part, j’anime très régulièrement des séminaires de formation destinés aux imams, aux directeurs d’école coranique… Nous leur exposons les arguments religieux en faveur de la contraception, discutons ensemble. Je vais aussi voir les chefs religieux de confréries qui ne se déplacent pas. Ils représentent une autorité morale qui relaiera notre discours dans les quartiers et les familles.

A titre personnel, je suis marié. Ma femme a vingt-trois ans, elle est étudiante en comptabilité-gestion et nous avons décidé de n’avoir que trois enfants.

ELLE