Planification familiale – Engagement en faveur d’un plaidoyer pour des ressources additionnelles

Des parlementaires membres de la Commission Santé de l’Assemblée nationale se sont engagés samedi à faire le plaidoyer nécessaire, lors du prochain vote du budget, pour plus de ressources en faveur de la santé de la reproduction, notamment pour le relèvement de la prévalence de la planification familiale.

« Nous parlementaires devons encore être plus présents aux côtés des Sénégalaises pour rappeler au Gouvernement cette orientation », a soutenu la députée Awa Dia Thiam, membre de la Commission Santé, à l’ouverture à Dakar d’un atelier de plaidoyer sur la planification à l’intention des parlementaires.

Lors du Sommet international sur la planification familiale en juillet 2012 à Londres, le Sénégal s’était engagé à mettre plus de ressources dans l’achat de contraceptifs et dans la gestion du plan d’action, a rappelé Awa Dia Thiam.

« Il faut aujourd’hui nous mobiliser pour le respect des droits de la femme et de la jeune fille », a-t-elle exhorté.

Les taux de mortalité maternelle et infantile sont élevés avec 401 décès maternels pour 100 000 naissances vivantes et 61 cas de décès de nourrissons pour 1000 naissances vivantes.

Pour la députée, « toutes les études montrent que la planification familiale est l’une des méthodes les plus efficaces pour sauver des vies et améliorer la santé de la femme et de l’enfant ».

Dans cette même lancée, Awa Dia Thiam a indiqué que des études font également apparaître une corrélation pertinente entre le taux de prévalence contraceptive et le développement de l’économie des pays.

Aujourd’hui, le Sénégal, à travers la Direction de la santé de la reproduction et les partenaires, a érigé la planification familiale en priorité et engagé une vaste campagne pour arriver à un taux de prévalence de 27%, en 2015.

En effet, selon le représentant résident du Fonds des Nations unies pour la population (UNFPA), Boureima Diadié, l’utilisation accrue de la contraception a permis de réduire de 40% le nombre de décès maternels au cours des deux dernières décennies.

Aussi pour accélérer la réduction de la mortalité et de la morbidité maternelles, néonatales et infantiles, le Gouvernement du Sénégal a-t-il placé la planification familiale au rang de priorité nationale.

Pour le représentant résident du FNUAP, le pays se conforme ainsi aux engagements internationaux pris à la Conférence sur la population et le développement, en 2012. Ainsi un plan national d’action a été élaboré, avec comme objectif d’augmenter le taux de prévalence contraceptive de 12%, en 2010 et 27%, en 2015.

Déjà en un an, le taux est passé de 12 à 16%, a dit le représentant de l’UNFPA. « Ces résultats encourageants ont été obtenus grâce au leadership national, à la mobilisation des plus hautes autorités, des parlementaires, des partenaires au développement et des acteurs de la société civile, entre autres, a ajouté M. Diiadié.

Pour le représentant de l’UNFPA, les parlementaires, de par leur pouvoir de légiférer et de contrôler l’action du gouvernement, restent une cible privilégiée auprès de laquelle il est important de développer des activités de plaidoyer.

« Vous avez un rôle déterminant à jouer dans la promotion de la planification familiale auprès des populations mais aussi dans la mobilisation des ressources pour la mise en œuvre des politiques et programmes en la matière », leur a lancé Boureima Diadié.

A l’heure où le Parlement va bientôt examiner le budget national, l’UNFPA compte sur les parlementaires pour veiller à ce que la planification familiale soit bien prise en compte avec des allocations budgétaires conséquentes.

L’atelier, organisé par l’UNFPA, devrait permettre aux parlementaires d’être mieux outillés pour remplir pleinement cette mission.

APS