Planification Familiale : le Partenariat de Ouagadougou mobilise à Paris

Les neuf pays membres du Partenariat de Ouagadougou (PO) se sont réunis les 18 et 19 décembre à Paris en France,  pour  faire le bilan de leurs actions et mobiliser davantage les bailleurs de fonds pour financer les plans d’action de la relance de la planification familiale.

C’est la troisième rencontre annuelle du Partenariat de Ouagadougou (PO). Il était question à cette réunion annuelle de faire le bilan des activités à un an de l’échéance, 2015, mais aussi, de discuter des actions et des innovations visant à accélérer les progrès dans le secteur de la Planification familiale (PF).

Le PO est une collaboration formée en 2011 entre neuf pays francophones d’Afrique et des bailleurs de fonds internationaux dont la Fondation Bill et Melinda Gates, le Ministère des affaires étrangères, l’Agence française de développement (AFD), l’UNFPA, l’USAID, et la Fondation William et Flora Hewlett.  L’aspiration de ce partenariat est de mettre sous contraception un million de femmes additionnelles,  d’ici à 2015.  Et les différents pays se sont engagés dans la plupart des cas à doubler leur taux de prévalence contraceptive. De 15%, le Burkina Faso, se fixe comme objectif, 25% en 2015.

La  rencontre à Paris de France, pour la troisième réunion annuelle, revêt  une grande importance pour deux raisons, à en croire  la directrice de l’unité du Partenariat de Ouagadougou, Fatimata Sy.

D’abord, c’est la toute  première fois que cette réunion se tient  dans un des pays bailleurs du PO, à savoir la France. Ce pays contribue au PO par le biais de deux institutions, le Ministère des affaires étrangères et l’Agence  française de développent. «Ceci nous donne une occasion formidable de faire un plaidoyer auprès des bailleurs européens potentiels, afin qu’ils se joignent à nos efforts », a espéré Fatimata Sy. Enfin,  la deuxième raison est  qu’elle se tient à un an de 2015, la date de l’échéance du PO pour rendre compte.

Et le bilan dressé par les différents pays donne de l’espoir. L’utilisation de méthodes de contraception modernes est actuellement en augmentation dans la région. Les données de 2013 montrent que les tendances sont favorables à l’atteinte de l’objectif que s’est fixé le PO. « Nous sommes très confiants. En 2013, l’atteinte de cet objectif était évaluée à 30%. Si toutes les conditions sont remplies dans les pays, on atteindra 2,8 millions utilisatrices additionnelles des méthodes de contraception modernes, d’ici à 2015. Et la mise en œuvre par des pays des interventions à haut impact nous rassure davantage », a indiqué Mme Sy.

A l’ouverture,  Philipe Orliange de l’AFD, a rappelé qu’un million 700 mille femmes  dans le monde ont un

besoin non satisfait de contraception et l’Afrique enregistre 25 à 35% de besoins non satisfaits. Cela menace des acquis et des progrès en matière de PF. « L’AFD fait de la santé de la reproduction un axe majeur de son  action. Elle fait partie des acteurs qui se mobilisent pour relever les défis dans les neuf pays du Partenariat de Ouagadougou », a souligné Philippe Orliange. Quant au directeur général de l’OOAS, Xavier Crespin, il  a plaidé pour un bon  système de santé sans quoi, il sera difficile d’atteindre les objectifs.

Sur la bonne voie

Le Burkina Faso est sur la bonne voie de passer de 15% à 25% de taux de contraception en 2015, l’objectif qu’il s’est fixé. C’est ce qu’a affirmé, le chef de la délégation du Burkina Faso, Dr Isabelle Bicaba/Sanou, directrice de la santé de la famille (DSF). En plus d’elle, le Burkina Faso était représenté par le Dr Cheick Ouédraogo de la DSF et Ousmane Ouédraogo   de la société civile.

Le Burkina Faso a présenté sa situation de la mise  en œuvre des activités visant à accroître l’accessibilité et à améliorer l’approvisionnement des produits.

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Isabelle Sanou-Bicaca, Burkina Faso

Dr Bicaba a indiqué que les structures offrant au moins 3 méthodes contraceptives  sont passées de 90,5% en 2011 à  99% en 2013. La disponibilité des produits dans les formations sanitaires : 30% en 2012, 91,4% en 2013. Le financement de la PF par l’Etat est en augmentation. 12,5% du budget est accordé au secteur de la santé dont 500 millions de FCFA à l’achat des produits contraceptifs. Et la stratégie pour améliorer et renforcer  l’offre de services porte sur la réduction annuelle des coûts des produits contraceptifs, la surveillance hebdomadaire des stocks des produits contraceptifs, le renforcement des capacités des prestataires  et le passage à l’échelle de la distribution à base communautaire des produits non prescriptibles. Les défis pour le «pays des Hommes intègres» est d’accroître le financement en faveur de la santé de la reproduction et particulièrement, des produits PF, de renforcer les compétences des prestataires, de renforcer le plateau technique pour l’offre des méthodes de longue durée et expérimenter la délégation des tâches.

L’ensemble des pays ont des défis importants à relever. Ainsi, pour Fatimata Sy, il faut en 2015 mettre le pied sur l’accélérateur afin d’aller plus vite et plus loin. A ce jour, a-t-elle dit, tous les pays disposent d’un plan de relance de la planification familiale mais tous les pays ne l’ont pas lancé officiellement, du fait de certaines contraintes comme la fièvre à virus Ebola.

Le partenariat de Ouagadougou cherche d’autres partenaires dans le secteur des téléphonies, des mines et dans d’autres fondations européennes afin d’élargir le cercle des bailleurs de fonds au profit de la PF.

Boureima SANGA
De retour de Paris en France

Quatre journalistes lauréats
Un panel a été réservé aux journalistes lauréats du concours en production médiatique sur la planification familiale, organisé par Population council, PRB et Partenariat de Ougadougou. Il s’agit de Makeba Tchibozo du Bénin, premier prix radio, Béatrice Koumènougo du Bénin, premier prix presse écrite. Mbagnick Diouf du Sénégal et Boureima Sanga s’en sortent respectivement avec les 2è prix radio et presse écrite. Ce panel a été animé par Nafissatou Diop, directrice du bureau  de Population council à Dakar. Elle est revenue sur l’historique du concours et les conditions de participation. Selon elle, l’objectif de cette compétition est de stimuler la production journalistique pour accompagner la dynamique mise en marche en informant le public des bénéfices de la PF et en responsabilisant les décideurs politiques et programmatiques pour une prise de décisions adéquates afin de faire avancer les objectifs du plan national de la PF.