Planification familiale : Plus de 300 millions d’utilisatrices de contraception moderne dénombrées

Le rapport à mi-parcours de l’exécution du projet Fp2020 fait état de 300 millions de femmes et de jeunes filles utilisant des méthodes modernes de contraception. Un « tournant décisif dans les secteurs de la santé et du développement », estiment les rédacteurs dudit document. Cela, en ce sens que cette initiative a permis, en 2016, d’éviter 82 millions de grossesses non désirées, 25 millions d’avortements à risques et 124.000 décès maternels.

Plus de 300 millions ! Tel est le nombre de femmes et de jeunes filles utilisatrices de méthodes modernes de contraception dans les pays les plus pauvres du monde. L’information est contenue dans le rapport 2015-2016 de « Family planning 2020 (Fp 2020) ». Un projet initié en 2012, lors du Sommet de Londres sur la planification familiale, et visant à enrôler, d’ici à 2020, 120 millions d’utilisatrices supplémentaires de contraceptifs modernes.

Le rapport à mi-parcours de l’exécution du projet Fp2020, qui évoque un « tournant décisif dans les secteurs de la santé et du développement », fait aussi état de 30 millions de femmes et de jeunes filles supplémentaires utilisant des méthodes modernes de contraception depuis 2012 dans les 69 pays ciblés.

Saluant les progrès remarquables accomplis au cours des dernières années, le rapport de Fp2020 cite l’Afrique orientale et australe qui, pour la première fois, enregistre « plus de 30% de femmes et de jeunes filles utilisant une méthode moderne de contraception ». L’Afrique de l’Ouest, l’une des régions au monde où sont notés les plus faibles taux de prévalence contraceptive, donne également des satisfactions. Cela, grâce au Partenariat de Ouagadougou qui a dépassé son objectif de toucher un million de femmes et de jeunes filles supplémentaires utilisant des contraceptifs modernes entre 2011 et 2015. Désormais, il se fixe, d’ici à 2020, d’atteindre 2,2 millions d’utilisatrices supplémentaires dans les 9 pays francophones de l’Afrique de l’Ouest.

Encore 19 millions de femmes à atteindre
Cependant, malgré ces réalisations remarquables, « le partenariat de Fp2020 n’a pas atteint le nombre de personnes souhaité », lit-on dans le rapport qui révèle qu’il « reste à atteindre encore 19 millions de femmes et de jeunes filles ». Ce, dans un contexte marqué par « un déficit de financement considérable pour les programmes de la planification familiale », regrette-t-on. Dans ce cas, il est difficile d’assurer aux femmes et aux jeunes filles qui le souhaitent « un approvisionnement suffisant en produits contraceptifs ».

Pour faire face à ces défis, il est préconisé « une approche stratégique et coordonnée des parties prenantes ». Le rapport exhorte également « la communauté de la planification familiale à s’unir pour accélérer de toute urgence le rythme des progrès à travers l’investissement et par des interventions qui s’appuient sur l’abondance de données et d’évidences maintenant disponibles ».

Aussi, est-il urgent de mobiliser plus de ressources financières « pour maintenir le succès des services de la planification familiale », insiste le rapport de Fp2020 qui révèle une baisse de 6% entre 2014 et 2015 de la contribution des gouvernements donateurs qui ont versé 1,3 milliard de dollars Us (2015) en faveur de la planification familiale.

Pour Beth Schlachter, directrice exécutive de Fp2020, « combler le déficit de financement des programmes de planification familiale, assurer un approvisionnement continu et divers contraceptifs et améliorer la visibilité et le suivi du financement des donateurs et des pays restent toujours des priorités centrales à l’ensemble de notre secteur – et plus important encore, à travers le Programme d’approvisionnement en produits de santé reproductive du Fonds des Nations unis pour la population (Unfpa) ». Poursuivant, elle déclare : « Alors que nous amorçons l’autre moitié du projet, nous avons une compréhension plus profonde de la façon dont les services de la planification familiale arrivent ou n’arrivent pas à atteindre certaines sous-populations de femmes et de jeunes filles. Les données probantes en faveur d’un large éventail d’interventions et les connaissances qui en résultent peuvent nous aider à façonner des programmes plus efficaces, les investissements et politiques nécessaires pour fournir aux femmes et aux jeunes filles les services dont elles ont besoin ».

Maïmouna GUEYE