Promotion de la Planification Familiale : sept structures veulent engager un million de personnes relais

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Ouagadougou-Sept organisations œuvrant dans le cadre de la santé sexuelle et reproductive, ont lancé vendredi à Ouagadougou, une campagne de communication visant à engager au moins, un million de personnes autour de la planification familiale au Burkina Faso.

«L’objectif de la campagne de communication -un million de voix pour la planification familiale et la santé de la reproduction- est de renforcer la prise de conscience et l’engagement des jeunes et des leaders politiques par rapport à l’importance de l’accès des jeunes aux services et soins de santé sexuelle et reproductive et à la planification familiale», a déclaré Boureima OUEDRAOGO, lors d’un point de presse.

Selon le directeur exécutif de l’ABBEF, il s’agira d’engager d’ici à mars 2016, un million de personnes à être des relais, d’assurer un rôle de veille sur les engagements pris par le gouvernement burkinabè et d’interpeller les nouvelles autorités sur la prise en compte et le renforcement des politiques en faveur de la planification familiale.

Des projections nationales renseignent que la population burkinabè qui était de 14 millions d’habitants en 2006 passera à 21 millions en 2020.

De l’avis de M. OUEDRAOGO, compte tenu du taux de prévalence contraceptive de 15% et des besoins de 23,8% enregistrés en 2010, «si des actions volontaristes en matière de promotion et d’accès aux services de contraception moderne ne sont pas menées, la population burkinabè pourrait atteindre 60 millions en 2050, contre 32 millions environ, soit un écart d’environ 28 millions d’individus entre les deux hypothèses».

«Dividende démographique»

Pour le directeur exécutif de l’Association burkinabè pour le bien-être familial (ABBEF), au regard de la jeunesse de la population -33% ont entre 15 et 35 ans-, «une forte croissance démographique handicapera fortement les efforts de développement».

Le coordonnateur de l’Association des journalistes et communicateurs en population et développement (AJC-PD), Alassane KARAMA a expliqué que le problème se pose surtout au niveau du rythme de croissance de la population et non de la taille.

Il a aussi précisé que la présente campagne se veut davantage un outil de plaidoyer auprès de personnes ressources et de non de prestations de produits contraceptifs à proprement parler.

Du reste, la représentante de l’ONG américaine Planned Parenthood Global, Aminata Rabo a soutenu que la campagne se déroulera dans le strict respect de la législation burkinabè qui, a-t-elle rappelé, proscrit la stérilisation et autorise l’avortement dans certaines circonstances.

Les résultats de cette première édition détermineront d’une part, l’extension du programme à davantage de régions, et d’autre part, de sa tenue annuelle ou biannuelle, a-ajouté Mme RABO.

A en croire David LOMPO de l’Union des religieux et coutumiers du Burkina pour la santé et le développement (URCB/SD), «malgré tout ce qu’on peut penser», les religieux et coutumiers ont toujours auprès des populations, une «force de persuasion indéniable».

L’objectif recherché à travers leurs concours, est de soulager les jeunes des pesanteurs socio-culturels, freinant l’adoption du planning familiale et de la santé reproductive, a relaté M. LOMPO.

En rappel, outre l’ABBEF, l’AJC-PD et l’URCB/SD, ce sont le Réseau africain Jeunesse Santé au Burkina Faso (RAJS/BF), SOS Jeunesse et Défis, l’Association des professionnelles africaines de la communication (APAC Burkina) et l’Association des femmes juristes du Burkina Faso (AFJ/BF) qui sont impliqués dans la campagne de communication.

Afin de relever leurs défis, les organisateurs ont prévu des un cross populaire, des animations grand public avec offres de services, des rencontres de plaidoyer (Ouagadougou, Bobo-Dioulasso, Koudougou, Ouahigouya) et des sessions de formation au profit de 100 responsables de partis politiques.

Ouaga.com