Quel impact la COVID-19 a-t-elle eu sur la santé sexuelle et reproductive ?

L’humanité, tout entière, a été secouée depuis décembre 2019 par le Coronavirus. Si cette pandémie a des impacts négatifs sur les activités sociales, culturelles et économiques, les systèmes de santés ont été aussi fortement impactés. C’est en tout cas que ce qu’ont fait savoir la Représente Résidente en Guinée du Fonds des Nations Unies pour la Population (UNFPA) et le Ministre de l’Economie, des Finances et du Plan, ce 13 décembre 2021. C’était à l’occasion de la célébration de la Journée Mondiale de la population (JMP), célébrée dans le monde depuis le 11 juillet dernier.

En marge de cette célébration en différé, le Rapport 2021 sur l’état de la population mondiale a été présenté. Corine Delphine Ndaw, Représentante Résidente de l’UNFPA Guinée soutient qu’il faut les femmes jouissent de tous leurs droits : « L’occasion qui nous rassemble est un double événement, puisque nous procéderons aussi au lancement officiel du Rapport 2021 sur l’état de la population mondiale. Un Rapport intitulé « Mon corps m’appartient». Ce rapport nous interpelle sur l’importance de créer les conditions pour que les femmes soient aptes à faire des choix et à jouir de leurs droits sociaux, économiques et sexuels.  Peu importe le droit, les femmes et filles doivent accéder à l’opportunité de décider pour elles-mêmes. Et les conditions doivent être créées pour qu’elles décident pour elles-mêmes. Cette année, nous parlons bien de choix et de droits. Qu’il s’agisse de la Journée mondiale de la population ou du Rapport sur l’état de la population mondiale, les droits et les choix sont mis en avant. Les décideurs sont interpelés à créer les conditions pour les garantir dans un contexte mondial et national affecté par des crises sanitaires, politiques, la récession économique, la crise climatique. »

La pandémie de COVID-19, ajoute Corine Ndaw, ont affecté les systèmes de santé, notamment les services de santé de la reproduction et de la sexualité : « Les droits et les choix sont mis en avant parce qu’il est important de les garantir pour les populations en général, mais spécifiquement pour les femmes et les filles car dans un contexte affecté par la Covid-19, les droits et les choix en matière de la santé de la reproduction, d’autres services essentiels pour la prévention et la prise en charge holistique des cas de violences basées sur le genre, détérioration des conditions essentielles pour l’accomplissement de potentiels de chaque jeune, sont et demeurent pour nous le socle d’un développement équitable où personne n’est laissé pour compte. »

Dr Lanciné Condé, Ministre de l’Economie, des Finances et du Plan rappelle que la célébration de cette journée vise surtout à attirer l’attention sur l’urgence et l’importance des problèmes des populations dans un contexte socioéconomique environnemental de plus en plus difficile.

« Choix et droits comme réponse et priorité à la santé reproductive », c’est le  thème retenu cette année pour la JMP. Un thème qui, selon le Dr Lanciné Condé, cadre avec les priorités du gouvernement guinéen : « Le choix de ce thème est aligné sur les priorités de la République de Guinée appuyées par des partenaires techniques et financiers dont l’UNFPA pour améliorer le bien-être des populations dans ce contexte de crise multiple et dure. »

Actuellement, les violences faites aux femmes, notamment le viol, ont une courbe ascendante. Mais pour le ministre, rien ne peut justifier ces violences : « Ces violences et maltraitances infligées (contre les femmes et filles) ne peuvent être justifiées ni tolérées en aucune circonstance. »

La pandémie de COVID-19, ajoute Lanciné Condé, a également eu des impacts négatifs sur la santé reproductive et sexuelle des femmes : « Il faut également compter les maternités désertées, les reports des nouvelles naissances et des grossesses non désirées causées par l’accès limité aux services de contraception. On estime que les perturbations dans les services de santé ainsi que les confinements ont provoqué d’énormes augmentations de grossesses non planifiées chez les plus vulnérables. Selon une étude de l’UNFPA, en mars 2020, 12 millions de femmes dans le monde ont subi des perturbations dans leurs services de planification familiale. »

Le ministre de l’Economie soutient que chacun devrait s’alarmer « de l’incapacité des femmes à être sur leurs droits et à exprimer leurs choix en matière de santé reproductive et de sexualité. »

Alhassane Bah

Publié le 14-12-2021 dans Guineeneews