Santé de la reproduction : Comment mobiliser les adolescents ?

Selon Diakité Aissata Traoré, la ministre de la Promotion de la Femme, de l’Enfant et de la Famille, l’indice synthétique de fécondité (1SF) est de 6,1 enfants par femme, malgré les efforts déployés par les acteurs. La ministre qui coprésidait mardi dernier la 4ème édition du forum national des jeunes sur le sujet a affirmé que « le faible taux de prévalence contraceptive et la faible utilisation des méthodes contraceptives engendrent des conséquences préjudiciables à la santé de la femme au nombre desquelles on peut citer les grossesses non-désirées, précoces, rapprochées, tardives, les avortements spontanés et provoqués, l’insuffisance de soins obstétricaux et néonataux ».

Par ailleurs, la ministre a ajouté que les expériences vécues pendant l’adolescence affectent énormément les futures vies d’adultes des garçons et des filles; d’où la nécessité de mener des interventions et des actions ciblées pendant cette ère numérique, d’améliorer considérablement et durablement la santé et le statut socio-économique des futurs adultes. « Il y a des difficultés et des obstacles que les adolescentes rencontrent pour accéder à des conseils et des soins de qualité, adaptées à leurs besoins qui sont réels », a-t-elle dit.

Ces filles et femmes sont confrontées à des problèmes comme les tabous sur la sexualité, notamment chez les jeunes. Il y a aussi la valorisation et l’imposition du mariage précoce et des grossesses nombreuses, et enfin les relations de pouvoir inégalitaires entre les jeunes et les adultes, entre hommes (garçons) et femmes (filles).

Amamadou Koïta, le ministre de la Jeunesse et de la Construction citoyenne, a également coprésidé le forum des jeunes auquel ont pris part des centaines de jeunes venus de toutes les régions du Mali. Il a expliqué que dans un pays avec une population constituée à 70% de jeunes, la santé de la reproduction des jeunes est au cœur des enjeux politiques, économiques et sociaux qui animent le Mali pour son développement durable.

Selon le porte-parole du gouvernement, les adolescentes de 15 à 19 ans contribuent à (14 % à la fécondité globale, 12% à la fécondité totale du milieu urbain, 15% celle en milieu rural). L’indice de fécondité est de 6.1. «L’adolescence est une période d’initiation, d’expression identitaire et une étape critique dont les comportements et les capacités techniques acquises ou négligées (genre, compétences de vie, Santé sexuelle et de la reproduction etc.) restent pour la vie », a-t-il déclaré.

Paradoxalement, les parents qui devraient s’impliquer dans l’éducation et l’accompagnement de leurs enfants pour préserver leur santé sexuelle et de la reproduction se résignent, pour diverses raisons, sans assumer cette responsabilité. Cet état de chose fait que dans bien des cas, les réseaux sociaux, les amis de leurs enfants deviennent les sources d’informations et de conseils les plus utilisés face à leurs problèmes de sexualité et de SR, avec les conséquences dramatiques que cela engendrent.

Soumaila T. Diarra

Publié le 13-12-2018 dans Maliweb