Sedhiou : Le CRSD à l’assaut des grossesses rapprochées

Le Cadre des Religieux pour la Santé et le Développement (CRSD) semble très préoccupé par la situation des grossesses rapprochées dans la région de Sédhiou. Ce qui est à l’origine du taux de mortalité maternelle et infantile très élevé dans le Pakao.

Pour lutter contre ce fléau le CRSD compte renforcer la sensibilisation sur l’espacement des naissances en se basant sur l’argumentaire islamique. Un document a été, à cet effet, élaboré par Imam Moustapha GUEYE, Président de l’Association des Imam et Ouléma du Sénégal et Imam Ahmet Tahiyou KANE, Président de la commission culturelle du CRSD.

Ce vaste programme de sensibilisation sur l’espacement des naissances a démarré ce dimanche 21 mai avec un atelier de à l’intention des prestataires de santé et « badjénu gox » pour bien les outiller sur l’importance de l’espacement des naissances afin de sensibiliser davantage les familles qui sont contre la planification familiale. Pour la démultiplication, les « badjénu gox » vont organiser dans leurs localités respectives des causeries sur l’argumentaire islamique sur la planification familiale.

Selon le coordonnateur du CRSD dans la zone sud l’Islam est une religion universelle qui s’adapte à toutes les époques et situations. La planification familiale ainsi que l’avortement sont des sujets brûlants de notre époque.  » La reproduction à travers le mariage est un commandement de Dieu. L’éducation et la protection des enfants sont également un commandement divin. Leur protection sanitaire, économique, etc, est une obligation pour le musulman. Il faut organiser les naissances s’il y a des raisons objectives «  , selon toujours Imam BA.

Dans son propos il a également indiqué que la planification familiale a toujours existé. Ce sont les méthodes qui ont peut être changé d’une époque à une autre. Il a ainsi expliqué que le coït interrompu était pratiqué à l’époque du Prophète Mohammad (PSL). Au Sénégal, au lendemain de l’accouchement la femme était toujours envoyée chez sa mère pour qu’elle se repose. Voilà une autre forme de planification familiale a-t-il dit

Cependant la planification familiale n’est pas très bien pratiquée dans cette partie sud du Sénégal. Le problème fondamental c’est les hommes qui se réfugient derrière la religion pour interdire à leurs épouses de faire de la planification familiale a révélé Mme Mame Diarra Bousso Gueye, sage femme au poste de santé de Koussy. Ainsi l’argumentaire islamique sur l’espacement des naissances va ainsi aider les sages femmes de la zone qui ont souvent des difficultés pour convaincre les époux qui sont contre la planification familiale selon Mme Gueye.

Revenant sur cette problématique de la non adhésion des hommes, Imam BA indique qu’ils méconnaissent la religion qui ordonne l’organisation de la famille qui est la cellule de base de la société c’est la famille. Pour lui le musulman a l’obligation d’organiser les naissances en conformité avec la Sharia ».

Il faut retenir néanmoins qu’il y a des pays qui mettent en place des politiques pour augmenter leurs populations. Les difficultés liées à l’allaitement doivent être considérées en rapport avec les questions liées à la pauvreté auxquelles il faut trouver des réponses. II a dit pour conclure que tout ce qui est conforme à l’Islam peut être accepté et la planification familiale en fait partie.

Cette activité entre dans le cadre du programme de renforcement des capacités du personnel de santé et « badjénu gox » sur l’argumentaire islamique sur l’espacement des naissances qui vise dans sa première phase les régions de Ziguinchor, Sédhiou et le département de Foundiougne.

Khalil Kamara

Publié le 23-04-2019 dans senego