« She Decides » au Sénégal: décider librement pour son corps

Une des premières mesures prises par Donald Trump lors de son accession a la présidence, a été d’interdire le financement d’ONG internationales qui soutiennent la contraception et l’avortement. En prenant cette décision, Donald Trump renoue avec une politique mise en place par Ronald Reagan, puis par Georges Bush, avant d’être supprimée par Barack Obama. Cette décision va affecter des millions de femmes dans le monde.

Depuis 45 ans, les Etats-Unis permettent d’améliorer l’accès des femmes a la contraception dans les pays les plus pauvres, grâce a leur agence internationale pour le développement : USAID.

En 2016, les Etats-Unis ont dépensé plus de 600 millions de dollars pour la planification familiale dans le monde. Ce montant a permis a 27 millions de femmes d’accéder a des moyens contraceptifs. Cela a évité 2,5 millions d’avortements, et permis de prévenir la mort en couches de 11.000 femmes !

20.000 mamans risquent de mourir lors d’avortements clandestins

Des l’annonce de la suppression de cette aide américaine, la riposte s’est organisée. Les Pays-Bas ont lancé une levée de fonds internationale, une sorte de crowfunding mondial, baptisée « She Decides ». La Belgique a immédiatement embrayé. En un an, « She Decides » a permis de récolter 450 millions d’euros.

Au Sénégal, suite à la décision américaine, les budgets de l’ONG britannique Marie Stopes ont fondu d’un tiers. Depuis 5 ans, les 11 équipes mobiles de l’ONG parcourent les régions les plus isolées du pays, afin de sensibiliser les femmes à l’espacement des naissances. La décision de Donald Trump menace l’existence même de la moitié de ces  équipes mobiles.

Pour l’organisation Marie Stopes, ces pertes financières devraient engendrer, au cours du mandat de Donald Trump, 6,5 millions de grossesses non désirées, 2 millions d’avortements, et la mort inutile de plus de 20.000 jeunes mamans.

 
Dans ce petit village de pêcheurs, dans la province de Mbour, à 2 heures de route de Dakar, les femmes ont en moyenne 5 à 6 enfants.

L’équipe mobile de l’ONG Marie Stopes passe régulièrement dans le village pour sensibiliser les femmes, et leur donner l’accès à des moyens de contraception.

Au Sénégal, une femme sur 5 à peine a accès à la contraception. Les avortements clandestins sont fréquents. L’avortement est illégal au Sénégal, et des centaines de femmes se retrouvent en prison pour infanticide

L’équipe de Marie Stopes informe les femmes sur les méthodes de contraception existantes, et propose à celles qui le souhaitent le placement immédiat d’un stérilet ou d’un implant, en toute discrétion.

En 2016, l’ONG Marie Stopes a permis l’accès a la contraception de 180.000 femmes au Sénégal.

La décision américaine de stopper l’aide aux organisations de planning familial pourrait provoquer, au cours du mandat de Donald Trump, 6,5 millions de grossesses non désirées, 2 millions d’avortements clandestins, et la mort en couches de plus de 20.000 femmes.

L’imam du village encourage l’espacement des naissances. « Le Coran conseille deux ans de repos à la femme après l’accouchement. » dit-il.

À l’occasion de ce 8 mars, journée internationale des droits des femmes, la RTBF se mobilise et propose une journée spéciale sur La Première, dans ses rendez-vous d’information et une soirée thématique sur La Trois.

Publié le 07-03-2018 dans rtbf