Trois secrets derrière la magie du Partenariat de Ouagadougou

La réunion annuelle du Partenariat de Ouagadougou est ma réunion préférée de l’année et cette année, elle sera particulièrement spéciale. Il y a une magie intangible à ce rassemblement de dirigeants de neuf pays d’Afrique de l’Ouest francophone et de donateurs, défenseurs et chercheurs qui a pour objectif de partager les enseignements tirés et les progrès accomplis dans la réalisation de leurs engagements à accroître l’accès à la planification familiale volontaire pour 2,2 millions de femmes supplémentaires de 2015 à 2020. Il y a un bourdonnement d’urgence collective pour atteindre ces objectifs importants, ainsi qu’une fierté partagée face au succès rapide de l’action commune.

La Fondation Hewlett soutient activement le partenariat depuis sa création en 2011. Nous avons soutenu l’unité de coordination du partenariat de Ouagadougou (PO) ainsi qu’un réseau régional de la société civile et des fonds pour l’offre de services, de recherche et plaidoyer afin de renforcer leur engagement et impact dans la région.

Je suis très honorée de faire partie de ce travail et de faire partie de cette communauté spéciale et dévouée qui s’emploie à améliorer la vie des femmes.

Je suis particulièrement enthousiasmée par cette assemblée annuelle car le partenariat est à un tournant. Alors que nous avançons à toute allure vers la fin de 2020, nous réfléchissons actuellement aux progrès incroyables que cet effort a permis aux femmes de ces neuf pays. Nous commençons également à penser collectivement à l’avenir. Qu’est-ce qui a fait que ce partenariat fonctionne? Comment pouvons-nous exploiter la base solide qui a été construite pour aller encore plus loin?

Les gouvernements, la société civile, les organisations non gouvernementales et les bailleurs de fonds du PO répondent à ces questions et plus encore dans le cadre du processus de consultation lancé le mois dernier sous le nom de “PO Après 2020”. Il y a beaucoup de choses qui méritent d’être célébrées dans le partenariat de Ouagadougou, mais quelques unes se démarquent même en ces débuts de la consultation: son intérêt pour les données, son unité de coordination efficace et son approche régionale innovante.

1. Les données au centre de tout.

Le PO repose sur un outil puissant – le plan de mise en œuvre chiffré – qui permet aux données de dialoguer beaucoup plus étroitement avec le processus décisionnel des gouvernements et des donateurs. Les plans représentent l’engagement de chaque gouvernement envers la planification familiale, de puissantes déclarations de soutien à la valeur des droits en matière de procréation. Ils servent également à aligner le financement des donateurs sur les priorités nationales, domaine où nous échouons souvent. Il est important de noter que la société civile a un rôle formel dans l’élaboration des plans, y compris la participation des jeunes, ce qui a permis d’apporter une contribution importante et de mieux faire reconnaître la valeur des voix des citoyens dans la planification gouvernementale. Enfin, les plans de mise en œuvre chiffrés sont fondés sur les données d’une manière nouvelle et importante grâce aux contributions de Track20, un projet mondial de suivi de la planification familiale de FP2020 mis en œuvre par Avenir Health. Cela permet aux Plans de présenter chaque année des comparaisons entre pays, un suivi étroit des indicateurs et une prise de décision prenant en compte les données. Il est possible de faire évoluer les plans de mise en œuvre chiffrés pour qu’ils soient mieux alignés sur les échéanciers nationaux budgétisés.

2. Une unité de coordination du PO habile et habilitée.

Cette petite mais puissante équipe a inventé de manière inventive une série de programmes emblématiques qui ont créé un véritable sens de la communauté parmi neuf pays différents. L’un de ces programmes est La Caravane des Bailleurs, qui offre à chaque délégation en avril une occasion de se rendre dans deux ou trois pays pour se plonger dans les problèmes qui se posent à chaque endroit. Il permet aux bailleurs de fonds de plaidoyer en faveur des problèmes aux plus hauts niveaux, de créer une communauté et d’en apprendre d’avantage sur les programmes et les lieux où leur institution est peut être moins engagée. Le Fonds d’Apprentissage et d’Échange d’Expériences en est un autre exemple. Il permet aux délégations de pays de solliciter des fonds pour se rendre dans un autre pays participant au programme opérationnel afin d’en apprendre davantage sur un aspect essentiel du travail qu’elles souhaitent poursuivre. L’Unité de coordination s’est associée à une entreprise de communication béninoise audacieuse, Etrilabs, pour développer une présence sur les réseaux sociauxun site Web de qualité et une attention particulière dans le journalisme local, contribuant ainsi au sens d’énergie dynamique et de communauté.

3. Le pouvoir de travailler au niveau régional.

Le partenariat de Ouagadougou a mis la communauté mondiale sur la carte en matière de santé mondiale. Ce sont surtout des petits pays en termes de population. À cause de cela, en plus des barrières linguistiques et historiques, ils manquent souvent de ressources en développement mondial et reçoivent peu d’attention dans la recherche ou les programmes. Au début du partenariat, ce groupe comprenait des pays présentant des taux de fécondité parmi les plus élevés au monde et utilisant le moins la contraception moderne. En se regroupant, le PO a permis de catalyser plus de trois millions de nouvelles utilisatrices de contraception volontaire en sept ans, ce qui représente un progrès supplémentaire par rapport aux 21 années précédentes. Ils ont également adopté un modèle de développement qui place le gouvernement en tête, incite les donateurs à s’aligner les uns sur les autres et sur les priorités nationales, et a ouvert des espaces aux voix fortes de la population de ces pays. Cet état d’esprit et cette plate-forme régionaux ont permis à nombre de nos bénéficiaires d’ONG d’avoir leurs propres programmes régionaux, alors qu’autrefois, les programmes de pays individuels n’étaient pas viables sur le plan financier.

Le partenariat de Ouagadougou a également rassemblé les habitants de ces pays par le biais d’échanges, de concurrence saine et d’une fierté commune de leurs réalisations communes. Je pense que c’est là que réside la magie, dans ce sens de communauté construit autour de la recherche d’expérience et d’objectifs partagés entre des lieux et des peuples divers mais liés. Je crois fermement au pouvoir de ce partenariat de continuer à donner aux femmes les moyens d’accéder à leurs droits et à leurs choix en matière de procréation au cours des prochaines années. En avant et ensemble nous irons.