Visite de travail au Niger des bailleurs du Partenariat de Ouagadougou

La délégation des bailleurs du partenariat de Ouagadougou qui séjourne depuis hier dans notre pays, entame ce matin plusieurs visites. Composée d’une cinquante de personnes, la caravane a été scindée en trois groupes. Le premier va visiter le DBC de Timéré, la case de santé de Saga Gourma, le CSI de Saguia et l’EDC District V. Le deuxième groupe visitera la clinique de la cité, puis le CSI de la clinique ANBEF et le CSI du quartier Yantala haut. Le troisième groupe visitera le centre des jeunes du quartier Talladjé ; la clinique MSI. L’agenda très chargé des bailleurs du Partenariat de Ouagadougou comprend également dans l’après midi, des rencontres avec la société civile, les parlementaires et des ministères clés comme les finances, le plan la jeunesse, la promotion de la femme, la population, la santé publique…

L’objectif de cette mission est on se rappelle de rencontrer les acteurs nationaux de la Santé de Reproduction et de la Planification Familiale (SR/PF) pour discuter des réalisations, des progrès, et surtout des difficultés et des goulots d’étranglement rencontrés par le Niger. Cette visite est donc d’une importance capitale parce qu’elle va permettre des échanges entre partenaires et acteurs clés nationaux de la planification familiale. Cette visite de travail des bailleurs du partenariat de Ouagadougou va certainement apporter un plus dans la mise en œuvre du plan d’action PF du Niger. Elle va surtout permettre de faire un plaidoyer auprès des autorités pour le respect des engagements pris.

S’agissant du Niger qui accueille les bailleurs du partenariat de Ouagadougou, il a adopté une politique de planification familiale (P.F.) depuis 1985 pour des raisons sanitaires, socio-économiques et démographiques. Et depuis la conférence de Ouagadougou sur la population, le développement et la planification familiale tenue en 2011, le pays s’est engagé davantage à favoriser et améliorer l’accès des populations à la planification familiale considérée comme un ensemble de moyens mis à la disposition des individus et des couples pour espacer de manière volontaire les naissances. Aujourd’hui, il est important de relever qu’au Niger, des résultats importants ont été enregistrés, mais, ils demeurent insuffisants eu égard aux défis à relever. Dans le domaine de la PF par exemple, la prévalence contraceptive est de 12,2% selon l’Enquête Démographique et de Santé réalisée en 2012. Selon la même source, pendant cette période, le taux de mortalité maternelle est de 535 pour 100.000 Naissances Vivantes; l’indice Synthétique de Fécondité  est de 7,6 Enfants par femme ; et le taux d’accroissement est estimé à 3,9%.

Visite de terrain à la Clinique de Bien-être Familial de l’ANBEF au Niger

Aussi, selon les résultats définitifs de l’Enquête Démographique et de Santé et à indicateurs multiples réalisée en 2012, (EDSN-MICS IV), au Niger, un couple sur dix (12,2%) seulement utilisait une méthode efficace de contraception. « Cette proportion est très faible, comparée à ce qui est observé dans la plupart des pays en développement et du monde musulman où au moins un couple sur deux planifie volontairement ses grossesses », précise la même source. Au cours de l’année 2012, l’EDSN-MICS IV a révélé, que 59,0% des femmes en union souhaitaient espacer la prochaine naissance de 2 ans ou plus ; chez les hommes mariés, cette proportion était de 63,2%.

Il est également important de relever qu’avec l’avènement du partenariat de Ouagadougou, notre pays a fait un pas en avant avec l’élaboration de son plan d’action PF 2013-2020 lancé par le Premier ministre en février 2013. Selon des acteurs clés du domaine, une véritable coordination a été crée autour de ce plan qui bénéficie du soutien des autorités et celui des partenaires techniques.

Ce qui a permis d’augmenter le taux de prévalence contraceptive, le nombre d’intervenants et d’interventions au niveau de différents districts du Niger.

Le Partenariat de Ouagadougou a été lancé lors de la Conférence Régionale sur la Population, le Développement et la Planification Familiale tenue à Ouagadougou au Burkina Faso en février 2011 par les neufs (9) gouvernements des pays francophones de l’Afrique de l’Ouest et leurs partenaires techniques et financiers pour accélérer les progrès dans l’utilisation des services de planification familiale au Bénin, Burkina Faso, Côte d’Ivoire, Guinée, Mali, Mauritanie, Niger, Sénégal et Togo.

L’objectif principal du Partenariat est d’atteindre au moins 2.2 millions d’utilisatrices additionnelles de méthodes de planification familiale dans les neuf pays concernés d’ici 2020.

Demain, la caravane poursuivra les rencontres avec d’abord les bailleurs locaux puis avec toutes les parties prenantes, et enfin avec les ambassadeurs.

Idé Fatouma